Neirynck Jacques · Nationalrat · 2012-09-24
Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion CVP-EVP · 2012-09-24
Wortprotokoll
Pourquoi faut-il limiter les taxes d'études et en particulier pour les écoles polytechniques fédérales (EPF)? Cela pour trois raisons:
La première raison, c'est que l'accès aux études doit sélectionner strictement les étudiants les plus doués, indépendamment de la situation de fortune de leurs familles. D'ores et déjà, ces familles consacrent de toute façon un montant de l'ordre de 10 000 à 20 000 francs par an pour l'entretien d'un étudiant. Les bourses sont trop rares, on l'a dit, et souvent insuffisantes. Aggraver encore la charge de ces familles n'a aucune justification, bien au contraire. La formation d'un étudiant constitue un investissement qui profite à toute la société. Il faut sélectionner les plus doués, les financer intégralement et supprimer tout biais en faveur des classes sociales déjà favorisées.
La deuxième raison, c'est la pénurie de personnel qualifié dans deux domaines importants: la médecine et les domaines MINT. La Suisse souffre d'un manque de personnel qui est caractéristique d'un pays hautement développé. Il n'est pas possible de trouver tout le personnel nécessaire à partir du seul bassin de recrutement de la population locale. Nous importons d'ores et déjà une large proportion de ce personnel spécialisé, soit à l'entrée de nos universités, soit déjà diplômés dans leur pays d'origine. Il est donc tout à fait contre-productif d'écarter de notre système des talents, suisses ou étrangers, tellement rares, sur le seul critère de l'argent dont ils disposent.
La troisième raison répond d'une certaine façon à la question posée par Monsieur Rime, c'est l'inefficacité budgétaire de toute augmentation des taxes d'études. Celles-ci représentent une proportion de l'ordre de 1 pour cent du budget des EPF. On les doublerait que cela ne changerait rien à la pénurie budgétaire. Ce n'est pas en augmentant ces taxes que l'on va résoudre les difficultés financières de ces institutions. Bien au contraire, ce sera un oreiller de paresse pour ne pas augmenter ce que Confédération et cantons doivent consacrer à la formation. On s'habituera petit à petit à l'idée que les hautes écoles sont un service payant, voire intégralement payant, ce qui signifierait, comme aux Etats-Unis, des dépenses annuelles de taxes d'études de plusieurs dizaines de milliers de francs.
Dès lors que je vous ai convaincus, vous allez me poser la question de savoir pourquoi prélever une taxe d'études: tout simplement pour éviter que s'inscrivent comme étudiants des amateurs qui ne sont pas vraiment décidés à étudier. Il s'agit donc d'un émolument administratif, ni plus ni moins.
En résumé, on ne finance pas les hautes écoles sur le dos des étudiants. Ce n'est pas juste, ce n'est pas cohérent et c'est inutile.
Je vous invite donc vivement, au nom d'une large minorité, à donner suite à l'initiative parlementaire Reynard.