Neirynck Jacques · Nationalrat · 2012-09-24
Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion CVP-EVP · 2012-09-24
Wortprotokoll
On pourrait résumer la motivation la plus importante de cette initiative non pas par une opposition aux avions de combat, mais dans la formule démographique "le peuple suisse se dépeuple". Chaque année, il n'y a que 80 000 naissances au lieu des 120 000 qui seraient nécessaires pour assurer la relève des générations. Ce déficit démographique est compensé par un solde migratoire qui oscille entre 40 000 et 80 000 personnes par an. En d'autres mots, sans cette immigration, qui pose tellement de problèmes à une fraction de la population, jusqu'à constituer le thème central de l'extrême droite, ce pays ne pourrait plus fonctionner. Le quart des médecins et la moitié des infirmières sont des migrants. Il semble que nous ayons épuisé nos ressources indigènes, non seulement en personnel qualifié, mais en personnes, tout simplement. Or, les universités sont peuplées à 50 pour cent de filles qui désirent légitimement concilier vie de famille et profession. Dès qu'elles ont des enfants, elles sont freinées dans leur carrière par la rareté ou l'inexistence de structures qui pourraient accueillir ceux-ci durant leur temps de travail. L'initiative parlementaire Fehr Jacqueline s'inscrit donc parmi les mesures qui permettraient cette insertion des jeunes femmes dans le milieu professionnel. Elles seraient plus enclines à mettre au monde davantage d'enfants si la société se préoccupait sérieusement de les assister.
Ainsi, sous le titre provocant de cette initiative se cache une préoccupation très simple, fondamentale: un peuple doit se reproduire s'il ne veut pas se dissoudre. On parle rarement, voire jamais, de démographie dans cette enceinte. Cela valait la peine de le faire.
Le manque d'argent est le motif le plus souvent invoqué pour expliquer les atermoiements dans le développement des écoles à horaire continu. Cela explique sans la justifier la liaison bizarre entre avions de combat et écoles à horaire continu. On peut être légitimement pour les deux à la fois: pour les écoles et pour l'armée. Oublions donc le titre lui-même et concentrons-nous sur l'objectif: donner aux jeunes femmes qualifiées la liberté d'avoir des enfants et d'exercer une profession.
Il est un argument supplémentaire: ces écoles renforcent l'attractivité de la Suisse. Les régions dépourvues d'écoles à horaire continu ont de plus en plus de mal à attirer des spécialistes de l'étranger, qui hésitent à venir s'y installer avec leur famille. La pression sur les centres urbains s'accroît de ce fait, au détriment des régions périphériques.
Selon la minorité, le montant et la forme des aides financières ainsi que le rôle de la Confédération pourraient être définis dans un second temps. Elle a notamment cité l'exemple du programme d'incitation financière en faveur de l'accueil extrafamilial pour enfants. Il n'y a donc pas d'arguments valables pour ne pas donner suite à cette initiative, qui conjugue les intérêts de l'économie avec l'égalité entre les sexes, l'efficacité de l'enseignement, et le soutien aux régions périphériques. C'est tellement rare que ça vaut la peine d'être souligné.
Donnez donc suite à cette initiative, qui n'est ni de droite ni de gauche, mais de bon sens, et dans l'intérêt bien compris du pays!