Recordon Luc · Ständerat · 2010-11-30
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2010-11-30
Wortprotokoll
Je voudrais dire que, en effet, nous sommes ici face à un cas de "xyloglossie", cette bien-aimée langue de bois, qui n'a malheureusement rien à voir avec la xylophonie!
En réalité, quand on lit la réponse, en première analyse, on a le sentiment rassurant que des progrès sont faits. Et puis, si l'on regarde cela d'un point de vue scientifique et numérique, on s'aperçoit qu'en réalité je posais la question du passage des PM 10 aux nanoparticules, c'est-à-dire des particules de l'ordre de 10 microns jusqu'à celles de l'ordre du nanomètre, ce qui représente un facteur 10 000, si je ne m'abuse, entre les deux. Alors, on nous dit gentiment qu'on peut arriver au niveau des 2,5 microns pour les mesures, mais on reste encore à un facteur 1000 de ce qu'il faudrait atteindre. Cela me paraît tout de même être une façon un tout petit peu légère de me répondre, surtout que, je le rappelle, les dangers sont considérablement différents.
Je ne dis pas qu'ils sont forcément plus grands avec les nanoparticules; mais, comme elles peuvent passer la barrière sanguine, elles risquent de toucher non seulement nos poumons, mais aussi notre système sanguin, voire notre système nerveux. Enfin, on en sait encore assez peu. Il y a heureusement ce programme national en matière de nanotechnologie qui se développe. Mais la chose toute simple que je demandais, c'est qu'on mesure au moins les concentrations de nanoparticules. Or, renseignements pris auprès d'autorités scientifiques autrement plus importantes que la mienne - et de loin -, il semble aujourd'hui possible de faire ces mesures. Je regrette qu'on ne nous dise rien et qu'on passe à côté de la cible, franchement, pour tout ce qui se passe en [PAGE 1057] dessous du niveau du micron comme taille, c'est-à-dire véritablement qu'on réponde à la question que j'ai posée.
Alors je vous renvoie la question, Madame la présidente de la Confédération, en me doutant bien que vous ne pourrez pas, à brûle-pourpoint, me donner les réponses qui n'ont pas été préparées à satisfaction dans le temps qui était imparti au Conseil fédéral. Mais je souhaiterais quand même qu'on y revienne et qu'à un moment ou à un autre nous puissions être renseignés sans qu'il y ait besoin forcément de développer une nouvelle interpellation ou d'utiliser la voie plus lourde d'un postulat, d'une motion, voire d'une initiative parlementaire pour une question de mesures qui finalement n'est pas extrêmement compliquée à résoudre, me semble-t-il, et qui ne devrait pas nécessiter que le Parlement s'en saisisse à répétition.