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Freysinger Oskar · Nationalrat · 2013-04-17

Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2013-04-17

Wortprotokoll

Ce qui me blesse particulièrement dans ce débat, c'est l'agressivité, les insultes que subissent les gens qui ont le malheur de soutenir cette initiative populaire. On parle de "Moyen Age", de "talibans", de "théocrates", d'"hypocrisie", de "cynisme", etc. Que ma position soit clairement définie ici: je respecte la démocratie et le peuple a voulu la solution des délais. Donc on ne doit pas remettre en question cela puisque nous, qui sommes dans cette salle, sommes des démocrates et que nous faisons acte de démocratie.

Je conçois aussi que l'avortement est un cas de conscience qui ne concerne que la personne pour laquelle la question se pose. Je n'ai pas le droit de la juger, elle, en tant que personne, mais j'ai malgré tout le droit de ne pas cautionner cet acte. Je ne peux cautionner cet acte de par ma conviction personnelle, même si je ne juge pas la personne qui a dû prendre cette décision. Ce que je ne veux pas, c'est être coresponsable d'un acte que je considère comme éthiquement et moralement inacceptable. Cela n'engage évidemment que moi, c'est une conviction personnelle que je n'impose à personne. J'imagine que, si l'on a une vision matérialiste athée du monde, on voit les choses différemment et qu'on puisse les voir différemment, je le concède. Mais j'ai moi aussi le droit d'avoir ma vision, qui est différente, que je n'impose à personne, et j'aimerais qu'elle soit respectée sans qu'on m'insulte dans cette enceinte, de la même manière que je m'abstiens d'insulter ceux qui pensent différemment de moi.

Or le système actuel qui veut que l'assurance-maladie de base rembourse les coûts des avortements fait de moi un complice involontaire du sacrifice de vies. Pour moi, ce sacrifice est un acte insupportable. Ma conviction est que le degré d'évolution d'une société se mesure à l'importance qu'elle accorde à la vie, à toute forme de vie humaine. C'est pour ça que je suis contre la peine de mort, que j'ai beaucoup de peine avec l'euthanasie. En effet, la vie n'est à la disposition de personne à mes yeux. Aucune raison d'Etat, aucun principe supérieur ne justifie la mort d'une personne, ne justifie le sacrifice d'une vie. La société humaine, et c'est ce qui la rend profondément humaine, doit promouvoir la vie et pas la mort. [PAGE 675]

L'assurance-maladie, comme son nom l'indique, doit servir à la survie des êtres humains, à la guérison des gens, c'est là son but. Or, vouloir guérir un bébé en le tuant, en l'éliminant, est un remède beaucoup trop brutal pour que j'accepte d'en être le complice, le complice indirect et involontaire par le truchement des primes d'assurance-maladie. Que certaines femmes avortent, en tant que démocrate, je suis contraint de l'accepter. C'est leur cas de conscience, mais qu'on ne me demande pas de cofinancer, ni donc de me rendre complice, d'un acte que moralement je ne puis accepter.

J'estime donc ici avoir un droit à l'objection de conscience dans un domaine qui est beaucoup trop grave pour que je m'en fasse le complice. Voilà ma position. On peut bien sûr ne pas la partager, avoir une vision totalement différente, mais je crois qu'une société telle que la nôtre, qui se veut évoluée, doit d'abord avoir à coeur de soutenir la vie et de garantir à ses citoyens d'avoir, dans certains domaines, le droit de faire valoir leur objection de conscience.