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Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2010-06-17

Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2010-06-17

Wortprotokoll

Hier, j'ai été surpris de recevoir un courriel me félicitant, ainsi que la majorité des collègues de notre Parlement: "Félicitations pour l'acceptation d'une nouvelle loi sur les armes introduisant entre autres un registre des armes!" Malheureusement, mon correspondant s'était trompé, c'est le Conseil national autrichien qui a pris cette décision hier. J'ai informé le citoyen en question en lui demandant de nous tenir les pouces aujourd'hui pour que notre Conseil national se révèle aussi sage que le Parlement de nos voisins.

Les Verts ont participé activement à la récolte des signatures pour l'initiative populaire et ils souhaitent vivement que le Parlement recommande son acceptation au peuple, parce qu'il y a trop de violence, trop d'agressions, trop d'homicides, trop de meurtres, trop de suicides commis avec des armes à feu.

J'utiliserai mon temps de parole pour insister sur un des points les plus importants: la création d'un registre central des armes. Il s'agit véritablement d'une revendication essentielle. La cheffe du Département fédéral de justice et police d'alors, Madame Ruth Metzler, avait déjà proposé en 2003 la création d'un registre national des armes, c'était l'un des points les plus positifs de sa réforme. Ce n'était certainement pas un hasard si le gouvernement zougois soutenait vigoureusement la création d'un tel registre dans la consultation d'octobre 2003. Il a alors insisté sur la nécessité de créer une banque de données où chaque achat d'arme et chaque propriétaire d'arme seraient enregistrés. Etant donné le potentiel de danger lié aux armes à feu, il plaidait l'intérêt public de pouvoir identifier rapidement, en cas de besoin, les armes et leurs propriétaires.

On ne saura jamais si l'existence de ce registre aurait pu empêcher le terrible attentat meurtrier du 27 septembre 2001 au Parlement de Zoug, mais il est certain qu'un tel registre aurait donné plus de chances à la police d'empêcher cette tragédie. Le meurtrier de Zoug s'était procuré sa dernière arme dans le canton de Berne, une "pump action", neuf jours avant l'attentat. L'existence d'un registre des armes aurait permis à l'époque aux policiers bernois chargés d'établir le certificat d'acquisition d'arme de savoir en quelques secondes que le meurtrier possédait déjà cinq autres armes. En signalant ce fait à la police zougoise, on aurait probablement pu augmenter les chances d'éviter le drame. La Fédération suisse des fonctionnaires de police soutient la création d'un registre national des armes pour des raisons évidentes de prévention des crimes et de facilitation des enquêtes.

Quiconque a à coeur la sécurité de nos concitoyennes et de nos concitoyens ne peut plus refuser une des mesures les plus efficaces pour la prévention des crimes graves. La création d'un registre des armes centralisé est indispensable pour éviter les drames par l'utilisation des armes à feu contre autrui ou soi-même.

Les accords de Schengen obligent les cantons à créer des registres des armes. Alors, créons tout de suite ce registre en mettant les informations des cantons en réseau.

Vous n'êtes pas crédibles si, tout en continuant votre discours sur l'insécurité, vous refusez la création d'un registre central des armes, l'instrument efficace de prévention et de traitement des crimes que la police demande depuis fort longtemps. Alors que chaque vache et chaque chien, aussi inoffensif soit-il, est bientôt listé dans notre pays, les armes ne le sont pas encore. La Suisse n'est pas le Far West!

Témoignez que vous savez être sages en acceptant l'initiative.