Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2013-06-19
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2013-06-19
Wortprotokoll
Pour compléter la réponse à la question de Madame Pieren, je rappelle que durant la Deuxième Guerre mondiale, il y avait 340 000 colonies d'abeilles et qu'en 2002, selon une réponse du Conseil fédéral, il n'en restait plus que 200 000, et durant l'hiver 2011/12, on en a perdu 100 000. Donc clairement, le nombre d'abeilles diminue. Pour ce qui est des apiculteurs, je ne connais pas les statistiques.
Madame Pieren a aussi dit qu'aucune étude scientifique n'avait montré de problème avec les abeilles. Je n'ai pas fait une étude de littérature complète, mais de nombreuses études ont été réalisées, entre autres par l'INRA et l'Autorité européenne de sécurité des aliments, qui montrent qu'il y a de gros doutes. Je citerai par exemple une étude publiée dans la revue "Science" de mars 2012, par une équipe de chercheurs français qui a mis en évidence le rôle des néonicotinoïdes dans le déclin des abeilles, non pas pour toxicité directe, mais parce qu'ils perturbent leur orientation et leur capacité à retrouver la ruche.
Sur le site de l'OFAG, il existe une liste de près de 400 insecticides. Il ne s'agit bien entendu pas de tous les interdire, mais uniquement de suspendre quatre molécules dont l'une, le fipronil - je vous le rappelle -, n'est déjà plus utilisée en Suisse et est même interdite en France depuis 2004.
Les abeilles pollinisent à elles seules plus de 80 pour cent des principales plantes utilisées comme source de nourriture dans les pays industrialisés. Leur travail représente un apport économique estimé à 260 millions de francs en Suisse, et même à 265 milliards de francs dans le monde.
Einstein aurait dit que quatre ans après la disparition des abeilles, l'homme disparaîtrait. Alors, est-ce qu'un tel enjeu ne vaudrait pas une application du principe de précaution et la suspension des pesticides problématiques pour les abeilles, le temps que nous en sachions un petit peu plus?
Dès lors, la majorité de la commission vous demande de bien vouloir soutenir les deux motions 13.3367 et 13.3368 et de donner suite le moment venu à la pétition 12.2069, afin de donner une chance supplémentaire à nos abeilles et, de facto, à nous, êtres humains, complètement dépendants de ces butineuses.
[VS]