Burkhalter Didier · Bundesrat · 2013-04-16
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2013-04-16
Wortprotokoll
Ce débat est comparable à celui que nous venons d'avoir sur la question de l'ambassade de Suisse au Guatemala, mais pas complètement le même. Ce qui est comparable tout d'abord, c'est qu'on a un réseau en perpétuel mouvement; on a des besoins croissants dans de nombreux domaines, mais des ressources qui stagnent, voire même qui baissent au gré des mesures d'économies. Je ne reprends pas toute l'argumentation que j'ai développée tout à l'heure, et visiblement, d'ailleurs, vous l'avez assez complètement suivie dans le cas de l'ambassade de Suisse au Guatemala.
Dans le cas présent, il y a quand même des éléments supplémentaires. En particulier, il y le fait qu'il s'agit ici, à Chicago, de domaines où l'on peut réellement envisager une rationalisation, compte tenu notamment des nouvelles technologies et aussi, au fond, des conditions sur place. La taille de la colonie suisse qui est gérée jusqu'à présent par ce consulat général est relativement modeste - 8000 personnes. On y établit environ 350 passeports par an; en 2012, par exemple, il y a eu deux cas de protection consulaire. La possibilité d'utiliser des prestations électroniques et téléphoniques est relativement aisée aux Etats-Unis. Il y a une bonne qualité des moyens de transport dans la région; il y a aussi la possibilité de faire établir ces documents d'identité en Suisse ou dans toute autre représentation diplomatique suisse. Donc il n'est pas forcément justifié, de manière aussi nette que vous auriez pu le croire dans un autre cas comme celui de l'ambassade au Guatemala, dont nous avons débattu tout à l'heure, par exemple, de maintenir la présence d'un consulat général de Suisse à Chicago.
En effet, la desserte du nord-est des Etats-Unis restera bonne, comme cela a été évoqué tout à l'heure, grâce à nos représentations à Washington, à New York ainsi qu'au consulat scientifique Swissnex de Boston. Il y a aussi trois représentations au Canada: l'ambassade à Ottawa et deux consulats généraux, l'un à Montréal et l'autre à Vancouver.
En plus - et contrairement à ce qui a été dit tout à l'heure -, nous aurons un consulat honoraire à Chicago. Le Département fédéral des affaires étrangères recherche actuellement la personne qualifiée pour assumer le rôle de consul honoraire à Chicago. Cette personne peut tout à fait défendre les intérêts suisses, dont on a parlé, à Chicago et dans la région; elle peut aussi maintenir le contact avec nos concitoyennes et nos concitoyens sur place. Il ne faut pas sous-estimer l'importance et l'efficacité d'un consulat honoraire. On peut trouver une très bonne solution. Cette solution serait à la fois économique et efficace; elle est pratiquée à de nombreux autres endroits de la planète.
Le Conseil fédéral estime donc que cette évolution ne porte pas atteinte à la visibilité et aux intérêts de la Suisse aux Etats-Unis, qu'elle ne diminue pas significativement les prestations offertes à nos concitoyens.
Compte tenu de la nécessité de rationaliser pour répondre aux impératifs financiers, pour autant que le Parlement les maintienne, le Conseil fédéral vous demande de rejeter cette motion, ou, si vous décidez de l'adopter, de faire alors preuve de cohérence et d'en accepter les conséquences financières.