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Lüscher Christian · Nationalrat · 2013-03-14

Lüscher Christian · Nationalrat · Genf · FDP-Liberale Fraktion · 2013-03-14

Wortprotokoll

Le groupe libéral-radical approuve le Rapport sur la politique extérieure 2012 et en applaudit tant l'existence que le contenu. A la lecture des débats sur le même sujet devant le Conseil des Etats, je relève d'ailleurs que tous les groupes, y compris le groupe socialiste, ont dit apprécier le rapport dans sa forme actuelle et ont souligné l'approche globale et cohérente du Conseil fédéral dans sa politique extérieure. On ne tient pas toujours le même discours dans le même groupe lorsqu'on se trouve dans une chambre ou dans une autre de ce Parlement.

S'agissant du mérite lié à l'existence de ce rapport, je relève qu'il y a une stratégie et qu'elle est clairement communiquée. Le dernier rapport portant sur la stratégie du Conseil fédéral en matière de politique extérieure datait de 1993 et partiellement de 2000, c'est-à-dire avant même l'ère de la conseillère fédérale Calmy-Rey. Je constate qu'il est assez paradoxal - et là je m'adresse à Monsieur Naef - de critiquer un rapport sur la politique extérieure, alors que les années précédentes on n'a pas pu le faire, et notamment lorsque votre ministre régnait, puisqu'il n'y avait aucun rapport sur la politique extérieure.

Le rapport que nous discutons ici contient une stratégie pour la législature, mais est visiblement conçu pour le plus long terme.

Le rapport se fonde sur quatre axes, cela vous a été expliqué:

1. l'intensification des relations entre la Suisse et ses pays voisins, auxquels il faut ajouter le Royaume-Uni;

2. la confirmation et la rénovation de la voie bilatérale, mandat quasiment imposé par le peuple, dans le but de favoriser la prospérité et la sécurité de notre pays;

3. la stabilité en Europe et dans le monde;

4. les partenariats stratégiques et les thèmes globaux.

S'agissant du premier axe, j'emprunte à notre conseiller fédéral Didier Burkhalter le proverbe chinois qu'il a cité devant le Conseil des Etats et qui dit qu'il est plus important de choisir ses voisins que de choisir sa maison. Il est vrai que nous n'avons pas choisi nos voisins, mais nous n'aurions aucune raison d'en changer, tant sur le plan économique que politique. La France, l'Allemagne et l'Italie sont nos portes d'accès à l'Europe et sont des membres de poids dans un certain nombre d'institutions politiques et économiques internationales. Le fait que le Conseil fédéral veuille intensifier les relations entre la Suisse et ces pays est donc particulièrement judicieux. Cela ne signifie évidemment pas qu'il faille toujours céder aux exigences de ces pays, notamment en matière fiscale. Sous cet angle, nos relations avec la France sont actuellement troublées - pour ne pas dire tendues - et il conviendra que le Parlement soit attentif à ne pas ratifier les yeux fermés les trop nombreuses concessions faites par le Département fédéral des finances.

S'agissant de l'Italie, nos relations sont évidemment compliquées par le résultat des élections, ce qui n'empêche pas que la Suisse doit avoir une visée à long terme dans ses relations avec ce pays.

Pour ce qui concerne nos relations avec l'Union européenne, la voie bilatérale doit être poursuivie. Sous cet angle, le travail sans relâche, sous l'angle diplomatique, du Conseil fédéral doit être salué, puisqu'il a permis de passer d'une situation bloquée au début de l'année 2012 à une reconnaissance du principe même de la voie bilatérale par Monsieur Barroso. Si j'ai bien compris, un dialogue concernant les perspectives dans ce domaine se tient à Berne à partir du 20 mars 2013. Bien évidemment, la poursuite de la voie bilatérale implique que nous traitions avec 27 Etats membres, ce qui complique la tâche de notre gouvernement. [PAGE 312] Mais une fois encore, la voie bilatérale est manifestement l'avenir de la Suisse et elle résulte de la volonté populaire. Nous partons donc du principe que le Conseil fédéral sera à même de nous renseigner sur les questions institutionnelles et sur les autres dossiers traités avec les Etats européens, tant ces dossiers sont importants pour l'avenir de la Suisse. Car le groupe libéral-radical insiste, quoi qu'il en soit, sur le fait que la voie bilatérale est la clé du succès de nos relations avec l'Europe à court, moyen et long terme. L'adhésion à l'Union européenne n'est pas une option; il s'agit d'un fantasme fumeux. Le peuple n'en veut pas et il a bien raison. Quant à l'Espace économique européen qui, soit dit en passant, ne contient bientôt plus que deux pays mis à part les membres de l'Union européenne, c'est un leurre, car il est contraire à la volonté populaire, dans la mesure où il implique la reprise automatique de l'acquis communautaire et du droit européen.

S'agissant du troisième axe, je me bornerai ici à évoquer deux succès de notre pays, à savoir l'intensification des relations avec le Myanmar et l'action de la Suisse dans l'épouvantable dossier de la Syrie. Dans ces domaines, c'est l'image, l'efficacité et la visibilité de l'intervention de la Suisse qui sortent gagnantes. En particulier, en ce qui concerne la Syrie, le rôle important de la Genève internationale ne peut être que bénéfique pour tout le pays. D'ailleurs, d'une manière générale, comme l'a souligné de bonne foi Monsieur Tornare, le rôle du conseiller fédéral Burkhalter en particulier et du Conseil fédéral en général vis-à-vis de la Genève internationale est absolument bénéfique.

Enfin et s'agissant du quatrième axe, à savoir les partenariats stratégiques et les thématiques mondiales, le groupe libéral-radical approuve la politique du Conseil fédéral. La politique vis-à-vis de l'Asie ne peut être que bénéfique pour notre économie, comme l'est l'extension des contacts institutionnels dans le secteur financier avec l'Australie, le Brésil et l'Inde. Reste la question des Etats-Unis: le groupe libéral-radical est assez soucieux et demande au Conseil fédéral d'être extrêmement attentif à l'accord de libre-échange discuté actuellement entre les Etats-Unis et l'Union européenne, afin que notre pays ne soit pas laissé sur le carreau. Nous ne doutons pas que des contacts aient déjà été pris avec les Etats-Unis et que le Conseil fédéral ait la volonté de reprendre les discussions portant sur un accord de libre-échange entre nos deux pays, discussion qui avait été interrompue il y a quelques années de manière malheureuse.

En un mot comme en cent, le groupe libéral-radical approuve la politique extérieure du Conseil fédéral et les quatre axes qu'elle contient. Il s'agit d'une politique cohérente, pragmatique, qui tient compte des intérêts politiques et économiques de la Suisse, de même que de sa tradition humanitaire. Cette politique est peut-être moins tapageuse que par le passé, mais elle n'en est que plus efficace.

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