Polla Barbara · Nationalrat · 2001-09-17
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2001-09-17
Wortprotokoll
L'initiative parlementaire Hämmerle pour des emplois dans toute la Suisse à la Poste, aux CFF et à Swisscom demande donc, d'une part, des places de travail et d'apprentissage dans toute la Suisse, d'autre part, que la suppression d'emplois ne soit pas ciblée sur certaines régions périphériques et qu'il existe un réel équilibre en termes de création d'emplois.
Cette initiative porte en elle-même les contradictions socialistes entre, d'une part, la volonté pragmatique d'efficacité de nos grandes régies, seules garantes de leur offre d'emplois à moyen et à long terme et, d'autre part, une position [PAGE 970] idéologique de mainmise de l'Etat sur l'emploi et, au-delà, du fonctionnement même des régies concernées. Devant ces contradictions, le groupe libéral vous propose de suivre l'avis du Conseil fédéral et de rejeter le projet de la commission, comme le proposent également les groupes radical-démocratique et de l'Union démocratique du centre.
En effet, le groupe libéral soutient - certes avec attention, parfois avec circonspection - les réformes en cours dans nos grandes régies et tient à leur donner les moyens de réaliser leurs objectifs, tels que nous les avons définis, à savoir: compétitivité, équilibre financier et service universel. Or, la mise en oeuvre de l'initiative parlementaire Hämmerle réduirait considérablement la compétitivité et l'équilibre financier des trois entreprises et irait donc à l'encontre même des objectifs définis.
En ce qui concerne le service universel, il s'agit bien de privilégier les prestations. Les régies doivent avant tout assurer ce service universel: c'est bien le service au public qui prime sur la prestation, et non la création ou le maintien d'emplois. Les besoins des citoyens, c'est la prestation en termes de communication, et non l'emploi.
Il est vrai que dans le cadre du processus de modernisation de nos grandes régies, elles ont parfois été amenées - et le seront encore - à rationaliser, voire à supprimer des emplois, notamment dans les régions périphériques. Mais elles en ont également créé: 350 postes créés à Brig par les CFF; d'autres à Delémont par la Poste ou à Bellinzone par Swisscom, pour ne citer que quelques exemples. Nous aimerions aussi souligner, avec le Conseil fédéral, que là où des emplois ont été perdus dans le secteur public, ils ont été largement compensés par des créations d'emplois dans le secteur privé. L'emploi ne se décrète pas, et il ne peut être durable que s'il répond aux besoins et aux processus de production.
Si, dans un marché de plus en plus concurrentiel, nous demandions aujourd'hui à l'Etat d'intervenir et de maintenir artificiellement des emplois, nous ne ferions que mettre l'emploi encore plus en danger. Nous devons au contraire accorder notre confiance à nos grandes régies et leur laisser la liberté de poursuivre leur restructuration interne comme elles l'estiment adéquat. Refuser idéologiquement de leur confier cette tâche difficile, c'est aussi refuser de leur donner les moyens de mener leur politique axée sur la responsabilisation et les échanges naturels entre secteur privé et secteur public. C'est surtout beaucoup plus dangereux en fin de compte pour l'emploi.
Le groupe libéral vous recommande donc d'être pragmatiques, modernes et confiants et de rejeter cette initiative parlementaire contreproductive et contradictoire.
Il paraît que nous allons également traiter trois motions qui, elles, ont trait plus spécifiquement à la Poste. Le groupe libéral vous proposera également le rejet de ces trois motions même si certains de ses membres, dans un moment d'émotion, ont cosigné la motion qui demande un moratoire.
On ne peut pas proposer de faire un pas en avant, puis deux en arrière ou un pas en avant et ensuite attendre deux ans pour faire le deuxième pas.
Comme le président de la Confédération, M. Moritz Leuenberger, le disait à Lugano: soit on restructure la Poste, soit on l'adapte aux besoins d'aujourd'hui et de demain, ou bien elle mourra d'elle-même. Dans le mot moratoire, il y a le mot "mort". Vous voulez sauver la Poste? Nous voulons sauver la Poste!