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Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2001-09-19

Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-09-19

Wortprotokoll

Les arguments qui militent en faveur d'une adhésion de la Suisse à l'ONU, le "machin" comme disait le général de Gaulle, ont été dits et redits. Je n'en mentionnerai brièvement que trois.

Le premier, c'est que notre isolement actuel sur la scène internationale nuit fondamentalement à nos intérêts politiques et économiques.

Le deuxième, c'est que la Suisse fait partie de la quasi-totalité des institutions spécialisées de l'ONU, comme l'Organisation internationale du travail, l'Organisation mondiale de la santé ou encore l'Unesco, pour ne citer que quelques exemples. Le problème, c'est qu'aujourd'hui on ne peut plus faire la différence entre une ONU dite technique et une ONU dite politique, parce qu'en définitive, on le sait, tout est politique.

La troisième raison, c'est que l'ONU est aujourd'hui la seule organisation universelle capable, ou du moins susceptible, de relever les grands défis internationaux. Elle a été fondée dans le but de préserver la paix et la sécurité dans le monde, d'améliorer les relations entre les Etats, de favoriser le développement économique et social et de promouvoir les droits humains.

Evidemment, depuis qu'elle a été créée en 1945, l'ONU n'a pas pu empêcher un certain nombre de conflits. Mais je crois qu'aborder le problème de cette façon, c'est mal l'aborder. Au fond, la question qu'il faut poser est celle-ci: "Si l'ONU n'existait pas, le monde ne se porterait-il pas encore plus mal qu'il ne se porte aujourd'hui?"

Toutes ces raisons sont déjà suffisantes à mes yeux pour justifier l'adhésion de notre pays à l'ONU. J'aimerais dire ici de façon solennelle que le mouvement syndical suisse s'engagera à fond dans cette bataille.

Au-delà des grands principes que j'ai rappelés, nous sommes aussi d'avis que l'adhésion à l'ONU représente une chance formidable: la chance d'être davantage présents dans les grands débats internationaux, la chance de tracer de nouvelles perspectives en ce qui concerne, pour ne prendre que quelques exemples, la coopération au développement, la promotion de la paix, le développement de la démocratie dans le monde ou encore la mondialisation. Sur ce dernier point, j'ai noté avec intérêt, même si ça ne fait pas plaisir à tout le monde, qu'un groupe d'experts de l'ONU a récemment proposé de fonder une organisation mondiale de la fiscalité qui devrait aboutir à la création d'un impôt mondial pour augmenter les recettes des Etats, en particulier les plus pauvres. Cet impôt pourrait prendre soit la forme de la taxe Tobin sur les transactions financières, soit la forme d'une taxe sur le CO2. Ce groupe prévoit aussi l'obligation d'échange d'informations fiscales et une taxation mondiale des multinationales. J'ajoute que, pour moi, la bataille pour l'adhésion de la Suisse à l'ONU s'inscrit dans un combat beaucoup plus large en faveur de l'ouverture, l'ouverture au monde bien sûr, l'ouverture à l'Europe, mais aussi l'ouverture sociale et surtout, je dirais, l'ouverture aux autres, par exemple les sans-papiers, par exemple les immigrés auxquels il faudra un jour donner les droits politiques.

Enfin, même si cette question est quelque peu taboue et même s'il n'y a pas un lien direct entre les deux sujets, il m'apparaît de façon assez évidente qu'un succès de l'adhésion à l'ONU aura un effet psychologique positif pour la conduite d'autres batailles en matière de politique extérieure et, en particulier, pour celle de l'adhésion de la Suisse à l'Union européenne. A contrario, en cas d'échec, je pense que nous devrions oublier pour longtemps ce fameux slogan de la fin des années soixante: "Raser les Alpes pour que l'on voie la mer!"