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Bugnon André · Nationalrat · 2001-09-19

Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2001-09-19

Wortprotokoll

On avait dit qu'on interviendrait de façon courte après le débat. Je ne sais pas comment M. Eberhard fait quand il intervient d'une façon longue, mais je serai beaucoup plus court que lui.

Je crois que l'essentiel a été dit dans ce débat. Je reprendrai quand même deux ou trois éléments qui ont été évoqués au passage. Concernant les propos de M. Cuche, notamment où il tend à faire accroire que le programme d'armement 2001, comme les précédents peut-être, est un programme pour justifier le maintien ou la création d'emplois dans ce pays: en fait, ce n'est pas du tout le cas. Le maintien ou la création d'emplois est une conséquence du programme d'armement et ce n'est pas sa raison d'être. Il faut d'abord, en priorité, que notre armée soit équipée, que son équipement soit réactualisé. Si, en même temps, cela procure des [PAGE 1047] emplois, c'est tant mieux pour la place économique et c'est tant mieux pour notre pays. Mais ça n'est pas l'inverse qui est retenu comme élément prioritaire.

Concernant la réflexion de M. Cuche par rapport à "Armée XXI", je crois que je l'ai dit dans mon rapport: des méthodes d'analyses complémentaires aux méthodes actuellement et généralement utilisées ont été liées à la réflexion sur le programme "Armée XXI". Toutes les projections de l'Etat-major général ou du département qui n'entraient pas dans le cadre de la projection "Armée XXI" n'ont pas été retenues. Le programme d'armement 2001 rentre totalement dans le concept "Armée XXI" et il n'est pas nécessaire d'attendre encore plus pour savoir que ce matériel sera de toute façon nécessaire.

Concernant l'intervention de M. Guisan: je suis content de voir que, dans cet hémicycle, la sensibilité romande ne s'exprime pas seulement à l'intérieur de l'UDC, mais également à l'intérieur du parti radical-démocratique, même si, en l'occurrence et a contrario de M. Guisan, j'ai cette fois totalement le groupe UDC derrière mon rapport puisque, à part M. Blocher qui vient d'annoncer qu'il n'est pas d'accord avec le programme d'armement 2001, l'entier du groupe UDC va soutenir ce programme. M. Guisan argumente que le programme d'armement correspond à une politique de sécurité du temps de la guerre froide, que le rapport sur la politique de sécurité est totalement ignoré et que la technologie n'est plus suffisante pour combattre le terrorisme. C'est vrai, il a raison de dire que la technologie - et les Américains l'ont démontré - n'est pas suffisante pour combattre des formes modernes d'attaques ou de terrorisme. Mais, comme l'a très bien dit M. Eggly, ces moyens d'assurer la sécurité sont complémentaires. Si on supprimait, à cause de ce qui s'est passé la semaine passée à New York, l'idée d'avoir une armée de défense, il serait évident que ceux qui ne nous voudraient pas du bien interviendraient cette fois avec des armes classiques, puisque on ne serait pas munis pour s'opposer à une telle intervention. C'est justement parce que les pays sont équipés en armes classiques que ce sont d'autres formes d'armement qui sont utilisées pour faire le mal. Il faut donc trouver une complémentarité à la sécurité assurée par l'armée. Je crois que le Conseil fédéral a pris conscience - il le savait déjà auparavant, mais il en a pris encore plus conscience avec les événements de la semaine passée - du fait qu'il faut aussi travailler, sur le plan de la sécurité, pour faire face au terrorisme, mais que ça ne doit pas être fait au détriment du maintien de notre armée, donc du maintien de son équipement.

Quant à Mme Haering, elle dit que le programme d'armement 2001 ne contient aucun achat qui soit urgent, et elle soutient l'idée d'un renvoi du projet. Mais, selon sa logique, je crois que chaque année Mme Haering peut dire que le programme ne contient aucun achat qui soit urgent. On peut tenir ces théories pendant quelques années de suite, jusqu'au moment où l'équipement qui est resté en place est totalement désuet, rouillé et n'est plus opérationnel. Evidemment, il n'y a pas une urgence du jour au lendemain. Mais, comme je l'ai également dit dans mon rapport, la planification est faite sur une vingtaine d'années, et il faut travailler annuellement à la modernisation de l'équipement pour être toujours à jour, autrement on va véritablement vers une clause d'urgence dans quelques années. Il sera alors trop tard pour nous retourner, et nous n'arriverons plus à assurer notre sécurité.

En conclusion, je vous demande de rejeter toutes les propositions de non-entrée en matière et de renvoi qui ont été faites, ainsi que les amendements qui ont été présentés et de vous en tenir au programme d'armement 2001 qui a été présenté par le Conseil fédéral, à savoir adopter un crédit de 980 millions de francs.