Zisyadis Josef · Nationalrat · 2001-09-24
Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2001-09-24
Wortprotokoll
Le refus du Bureau de notre Conseil de débattre des interpellations urgentes sur la situation des sans-papiers pose une question de méthode. Nous avons déjà un Parlement national, vraisemblablement le seul au monde, qui ne soit pas permanent. Puisqu'il se réunit quatre fois l'an, c'est donc un Parlement saisonnier. Il y a un débat dans le pays depuis des mois qui se développe, avec un départ certes en Suisse romande et une extension vraisemblable, continue, en Suisse alémanique, sur la question des sans-papiers. Je vois des conseillers fédéraux qui s'expriment devant la presse, prennent position et en même temps un Parlement, notre Parlement, qui devrait rester muet, faire semblant qu'il n'existe pas, qu'il est aux abonnés absents.
Il y a dans le "pipeline" du Parlement des motions et interpellations qui sont totalement en phase avec ce problème d'actualité. Est-ce qu'il faudra attendre deux ans pour que ces interventions ne puissent pas être traitées et soient vraisemblablement une fois de plus classées, c'est-à-dire mises aux oubliettes? Je ne comprends pas ce qui peut empêcher que, vu l'actualité, ces motions et interpellations soient traitées en priorité afin que le gouvernement et la population puissent connaître l'opinion des élus de la population.
Enfin, il y a des problèmes humanitaires urgents à régler, indépendamment de ce que nous pouvons penser sur la question des sans-papiers. Je pense notamment à la scolarisation des enfants et à la poursuite des études et de l'apprentissage de jeunes adultes clandestins, problème qui ne peut pas attendre, me semble-t-il, un quelconque débat sur une loi, une décision législative. J'ai d'ailleurs entendu des conseillers fédéraux - M. Couchepin, entre autres - dire devant la presse que ce problème le turlupine, lui pose des questions, et que ce problème devrait être réglé de manière humanitaire.
Je crois que notre Conseil s'honorerait à admettre un espace de discussion pour un problème qui concerne peut-être 200 000 personnes, voire 300 000 qui vivent dans notre pays. On ne peut pas renvoyer éternellement la vie réelle hors de l'espace de ce Parlement parce que si on le fait, on crée de la désespérance, et lorsque la désespérance devient le désespoir total d'une catégorie de la population, alors, attention les dégâts!
Je vous invite à adopter la motion d'ordre qui demande simplement que les interpellations et motions qui sont déjà déposées soient discutées pendant cette session encore.