Sommaruga Carlo · Nationalrat · 2012-06-04
Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-04
Wortprotokoll
La Suisse a une responsabilité à prendre dans la lutte contre la pauvreté, le soutien au développement et le développement du bien-être, de la santé, de l'enseignement, de la sécurité de ses propres citoyens bien sûr mais également de l'ensemble de la population mondiale. Cette responsabilité est aujourd'hui toujours engagée: même s'il y a eu une baisse considérable de la pauvreté dans le monde, plus d'un milliard de personnes vivent toujours dans la pauvreté.
Et cet engagement contre la pauvreté et pour le développement, nous l'avons exprimé dans le cadre onusien, multilatéral, avec les Objectifs du millénaire pour le développement. Ces objectifs, nous les avons mis en oeuvre dans notre politique étrangère, dans notre politique de développement. Ces objectifs sont toujours d'actualité et ont pour conséquences pour nous également des obligations quantitatives. L'objectif est le 0,7 pour cent du RNB. Cet objectif-là, nous devons l'atteindre encore à long terme.
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Cette responsabilité découle aussi - Monsieur Hans-Jürg Fehr l'a rappelé - de la Constitution. Lorsqu'il y a eu la réforme de la Constitution, le législateur constituant a inscrit à l'article 54 cette responsabilité dans le cadre de notre politique étrangère. Bien entendu, il s'agit de défendre les intérêts de la Suisse, mais également de mener une politique de développement et de lutte contre la pauvreté à travers le monde. Pourquoi cela? Parce qu'en fait, le développement et la lutte contre la pauvreté, c'est aussi une stabilité sociale, une stabilité dans les pays et finalement une prospérité économique, et avec cette dernière, c'est aussi plus de sécurité pour la Suisse et sa population.
Les crédits-cadres soumis ici s'inscrivent parfaitement dans cette logique, et c'est dans ce sens que nous les soutenons.
Mais les crédits-cadres s'inscrivent aussi, et cela a déjà été dit, dans le cadre de la volonté politique de ce Parlement, volonté politique d'augmenter l'aide à 0,5 pour cent du RNB d'ici 2015. C'est là un travail considérable qui a été fait dans ce Parlement. En 2008 et en 2011, cet objectif a été confirmé par le Parlement, c'est-à-dire par nos deux chambres. Finalement, nous vous demandons aujourd'hui de confirmer cet engagement, même si cela n'est à nos yeux qu'une étape pour atteindre 0,7 pour cent du RNB.
Mais c'est aussi la volonté du peuple d'avoir une aide au développement importante. Je rappelle tout simplement que dans une publication qui vient de sortir, "Sicherheit 2012", de l'un des instituts de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, il ressort que 62 pour cent de la population suisse souhaite un engagement fort de la Suisse pour l'aide au développement. C'est un élément important dont il faut tenir compte. Donc, aujourd'hui, le projet soumis au Parlement va exactement dans le sens souhaité par la majorité de la population.
Certes, il y a aujourd'hui une augmentation importante des moyens destinés à l'aide au développement mis à disposition avec ces crédits-cadres. Mais comme je l'ai dit, c'est la volonté politique de notre Parlement, mais cela s'explique aussi par le retard que nous avons, nous, accumulé dans les années précédentes. Et il s'agit aujourd'hui d'un effort de la part de notre pays.
Je pense qu'il n'y a pas lieu aujourd'hui d'opposer l'aide au développement à la recherche. Je rappelle que les Commissions des finances du Conseil national et du Conseil des Etats ont approuvé les crédits-cadres et donné leur feu vert. C'est donc avec conviction que nous défendons ces crédits-cadres et nous vous demandons de suivre le Conseil fédéral sur ce point.
Dans le cadre de la politique de développement qui est vous est soumise, on peut soutenir les choix stratégiques qui sont proposés, à savoir pour l'aide humanitaire le choix de la prévention et de la résistance aux crises, pour la coopération technique au développement celui de vouloir viser avant tout les régions, les populations les plus pauvres et les contextes fragiles où nombre de partenaires internationaux n'osent pas s'aventurer, car il y a des risques importants. Il y a effectivement des risques d'échec, même si nous avons naturellement aussi des chances de succès. Et ces chances, nous allons les mettre de notre côté, je pense, pour que la Suisse puisse en tirer un avantage intéressant au niveau international et auprès des populations concernées. Il y a aussi un soutien quant aux choix qui ont été faits sur les thèmes suivants: l'eau, la santé, la participation citoyenne, la réforme de l'Etat ou encore la migration. Ces thèmes sont extrêmement importants si nous voulons aujourd'hui avoir non seulement une aide aux populations, mais aussi une transformation des systèmes qui permettent, finalement, qu'eux-mêmes puissent générer un développement et ensuite une certaine richesse pour les populations.
L'un des nouveaux axes qui a été évoqué dans ce message, c'est un partenariat plus important avec le secteur privé. En tant que socialistes, nous ne sommes pas opposés à cela, mais nous avons quand même quelques préoccupations. L'une de celles-ci est de savoir quels sont les critères de la collaboration avec ces partenaires. Nous souhaitons que là aussi les partenaires soient garants du respect des droits de l'homme, garants des conditions sociales minimum imposées par l'OIT et également respectueux de l'environnement. Il faut qu'il y ait là un suivi attentif et qu'il y ait même un monitoring qui se fasse dans ce sens.
Avec ces considérations, je vous invite, au nom du groupe socialiste, à soutenir les crédits-cadres, à entrer en matière et à les adopter.