Rossini Stéphane · Nationalrat · 1999-12-08
Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 1999-12-08
Wortprotokoll
J'interviens en ce qui concerne l'initiative populaire "pour des coûts hospitaliers moins élevés". Tous les indicateurs relatifs à l'évolution du système de santé sont catégoriques. A l'avenir, les coûts seront très étroitement et inéluctablement influencés par différents phénomènes qui imposeront de maintenir le niveau des prestations actuelles, mais aussi de prendre en considération de [PAGE 2441] nouvelles prestations inhérentes, notamment la prise en charge des personnes âgées en établissement médico-social et dans les centres médico-sociaux par les soins à domicile, et encore d'intégrer les nouvelles technologies pour répondre aux besoins des malades et atténuer leurs souffrances. Tenir dans ce contexte de besoins évidents le discours de la réduction des coûts et aller bien au-delà de leur maîtrise, ce que veut l'initiative populaire, c'est soit se voiler la face, soit agir pour démanteler notre système de protection sociale bâti au cours du siècle à force de dialogue.
L'initiative populaire qui nous est soumise a le mérite de la clarté, car elle attaque de front notre régime solidaire de prise en charge des coûts par l'assurance-maladie. Cependant, proposer, comme le fait cette initiative populaire, d'exclure la couverture ambulatoire de l'assurance sociale, c'est s'inscrire en rupture totale d'avec le système actuel; c'est générer à coup sûr une médecine à deux vitesses; c'est favoriser l'exclusion des plus démunis, voire d'une grande part de la population des classes moyennes; c'est valoriser la pratique de l'assistance au détriment de l'assurance; c'est pénaliser les personnes âgées malades; c'est entretenir l'illusion d'une diminution des coûts. Bien que dans l'air du temps, notamment suite à certaines affirmations qui ont été exprimées à maintes reprises ces dernières semaines, cette initiative populaire s'avère politiquement, et surtout socialement, inacceptable. Elle doit être clairement rejetée et combattue. Les solutions en matière d'assurance-maladie ne se trouvent pas dans des propositions aussi simplistes.