Rusconi Pierre · Nationalrat · 2014-03-04
Rusconi Pierre · Nationalrat · Tessin · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2014-03-04
Wortprotokoll
On a énuméré une liste de gros succès du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche, ce qui nous fait plaisir et fait aussi plaisir à la Suisse. Malheureusement, je dois vous informer d'un insuccès, d'une faillite: les rapports avec l'Italie sont totalement inexistants. Cela fait deux ans qu'on entend continuellement qu'il y aura des améliorations. L'Italie a changé quatre fois de gouvernement - Berlusconi, Monti, Letta, Renzi - en peu de temps, et je suis certain que le dernier que j'ai mentionné ne durera lui aussi certainement pas plus de six mois.
Le problème pour la zone du sud du pays est très important. La Suisse est considérée comme un pays canaille. Sur le plan économique, notre pays se trouve sur une liste noire en Italie. C'est inacceptable à l'égard de la Suisse, mais notre pays continue d'accepter cette situation. Nous donnons à l'Italie tout ce qu'elle demande: l'échange automatique d'informations. La réciprocité est prévue sur le papier, mais pour le Tessin elle est inexistante.
Les Tessinois n'ont aucune chance de trouver un emploi en Italie, même nos entreprises n'ont aucune chance de travailler pour l'Expo 2015. Cette situation doit être prise en considération et la Suisse doit faire preuve de la plus grande fermeté, mais sans arrogance, envers les partenaires italiens. Notre approche, même celle du Département fédéral des affaires étrangères, est toujours très sérieuse, très cohérente, mais elle est interprétée en Italie comme une faiblesse. Après une réunion entre la Suisse et l'Italie, vous pouvez lire le lendemain dans les journaux que la Suisse a accepté, que la Suisse a plié, que la Suisse est disponible.
Il est temps de mettre les points sur les i afin que les pays partenaires - l'Italie est un important partenaire - se rendent compte que la Suisse n'est pas simplement là pour dire oui, mais qu'elle est aussi là pour négocier. Il s'agit d'accords bilatéraux qui ne sont pas respectés par l'Italie. Il reste encore une situation de ristourne datant de 1974 qui ne profite plus ni à l'Italie ni à la Suisse, mais nous n'osons pas la renégocier de peur que l'Italie ait une réaction négative. Mais elle n'aurait en fait aucune réaction négative envers notre pays.
On a l'impression que la mentalité, la politique, l'attitude de l'Italie envers la Suisse n'est pas connue. Je ne sais pas quel message vous croyez que Rome envoie à la Suisse, mais je vous assure que notre pays traitera le dossier de façon émotive, c'est-à-dire en croyant être en situation de faiblesse, alors que ce n'est pas le cas. La Suisse est beaucoup mieux considérée en Italie que ce que nous pensons.
Nous voulons saisir cette opportunité pour vous signaler ce cas. Malgré les nombreux succès qu'on vous reconnaît, cette situation n'est pas acceptable, pour une partie de la Suisse au moins, qui dépend des rapports bilatéraux avec l'Italie. La fermeté maximale, ce serait un bon point de départ pour les futures négociations!