Neirynck Jacques · Nationalrat · 2014-06-03
Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion CVP-EVP · 2014-06-03
Wortprotokoll
Sans refaire tout le débat, je désire simplement rencontrer un certain nombre d'arguments qui ont été utilisés et qui doivent être écartés pour que nous raisonnions d'abord logiquement, et puis dans une certaine sérénité.
L'argument qui a été utilisé est celui de la "pente glissante": si vous autorisez ceci, vous autoriserez un jour n'importe quoi. C'est le procédé classique de l'amalgame dans les débats politiques. Oui, nous sommes d'accord avec la loi que nous proposons, mais nous n'allons pas l'accepter parce qu'elle en appellerait une autre. Cet argument vaut ce qu'il vaut, mais il doit être relevé.
Il y a des mots qui ont été utilisés et qui font mal. Le mot "garde-fou": qui sont les fous? Les médecins? L'Académie suisse des sciences médicales? Le Conseil national d'éthique? Il y a un minimum de respect à avoir pour le corps médical qui dispose d'une déontologie et qui n'a jamais, dans son histoire, fait n'importe quoi, sauf quelques individus que vous connaissez. On a aussi utilisé le mot "commerce". Finalement, essayons-nous de culpabiliser le corps médical en disant que s'il est favorable au diagnostic préimplantatoire c'est parce qu'il veut gagner de l'argent? Ce n'est en tout cas pas le cas dans un service médical universitaire; les gens sont payés de façon fixe. Ce genre de discussion mène à des contradictions. En disant qu'on veut refuser le commerce ici en Suisse, on l'encourage à l'étranger. Si vous prenez Internet, il y a effectivement des sites qui, en Espagne, proposent de faire du tourisme.
Un argument qui a été utilisé, et qui est classiquement utilisé, est celui selon lequel on ne peut pas tout faire avec le diagnostic préimplantatoire. Oui, en médecine, on ne peut pas tout faire, on ne va pas résoudre les choses par miracle. Mais on essayera de faire tout ce que l'on peut.
Enfin, un autre argument qui a été utilisé, est celui que la loi, telle qu'elle est proposée par la commission, imposerait à certaines femmes, par pression, un diagnostic préimplantatoire contre leur gré. C'est absolument exclu dans la loi telle qu'elle existe.
Enfin, il a même été évoqué qu'il fallait refuser la mère porteuse. Nulle part, dans la loi, on ne parle de mère porteuse. C'est une fois de plus un procédé d'amalgame.