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Burkhalter Didier · Bundesrat · 2014-09-15

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2014-09-15

Wortprotokoll

La flambée de fièvre Ebola en Afrique de l'Ouest est la plus grave jamais observée, en termes de répartition géographique, de personnes infectées et de victimes. En plus de la réponse officielle et formelle du Conseil fédéral, j'aimerais dire d'emblée quelque chose qui va au-delà des statistiques constamment relayées sur le nombre de victimes, de personnes infectées et de décès. C'est aussi une tragédie en raison de l'écroulement du système de santé dans certaines régions, en particulier à Monrovia, où il n'y a plus de possibilités de recevoir des soins de qualité non seulement contre la fièvre Ebola - s'il y a des centres de santé spécifiques pour le traitement de cette maladie - mais aussi contre d'autres problèmes. Les hôpitaux ne peuvent plus répondre aux besoins. Il n'y a pratiquement plus de personnel dans les hôpitaux, et les malades n'ont plus forcément le courage de s'y rendre. Par exemple, il y a actuellement, dans ces régions, une recrudescence de la mortalité infantile, qui n'est donc pas seulement liée à la fièvre Ebola, mais aussi à l'écroulement du système de santé.

Si je vous informe à ce propos, c'est parce que je crois qu'en tant qu'autorités - aussi bien le Parlement que le Conseil fédéral -, nous devons avoir un sentiment de profonde gratitude à l'égard de toutes les personnes qui s'engagent pour soutenir le système de santé. Je pense en particulier à l'organisation de Médecins sans frontières. A titre personnel, je souligne l'énorme courage dont ses membres font part. [PAGE 1486]

Pour en revenir à la position formelle du Conseil fédéral, vous demandez quelles sont les mesures concrètes qui ont été prévues. La Suisse a rapidement réagi, avant que l'OMS ait décrété, le 8 août 2014, une urgence de santé publique de portée mondiale. En effet, à fin juillet 2014, le Conseil fédéral a décidé de libérer 500 000 francs pour soutenir les actions de Médecins sans frontières Suisse. A la demande du gouvernement du Libéria, l'aide humanitaire suisse a envoyé, il y a quelques jours, par avion, 14 tonnes de matériel de secours médical à Monrovia. Il s'agissait en fait d'un second envoi. Le premier avait acheminé, le 10 août 2014, soit deux jours après l'appel de l'OMS, 700 kilos de matériel de protection, comme des gants et des masques. Le matériel sanitaire en question permet de soigner les patients tout en protégeant davantage le personnel. Vous pouvez imaginer à quel point cela est important de se soucier également de la capacité de travail des personnes qui viennent en aide dans une situation aussi dramatique.

Parallèlement, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l'aide humanitaire suisse ont activé le 20 août dernier une convention prévue pour des interventions dans des situations humanitaires d'urgence à l'étranger, qui prévoit notamment la mise à disposition de personnel médical et soignant dans des zones affectées - encore une fois, j'insiste sur ce point qui est, à mon avis, fondamental. Sur cette base, une mission conjointe du Corps suisse d'aide humanitaire - en particulier le responsable médical de l'aide humanitaire suisse et des HUG - s'est rendue au Liberia du 1er au 7 septembre 2014.

Cette mission a évalué la situation et identifié les prochains axes d'intervention, dont l'envoi possible de personnel soignant des HUG au Libéria. Elle a également pu s'assurer de la protection du personnel de la Confédération - en particulier les employés de la Direction du développement et de la coopération- travaillant actuellement à Monrovia.

Suite à cette mission, l'aide humanitaire suisse vient d'augmenter sa contribution pour la crise Ebola de 2 millions de francs, dont 1 million de francs pour Médecins sans frontières Suisse et 1 million de francs pour le Programme alimentaire mondial.

La totalité des contributions financières de l'aide humanitaire suisse se monte ainsi à 3,65 millions de francs, dont 1 million a été débloqué fin août et affecté à du matériel pour le Libéria, à la mise à disposition d'experts auprès de Médecins sans frontières, du Programme alimentaire mondial et de l'OMS ainsi qu'au soutien financier du service aérien humanitaire des Nations Unies qui transporte entre autres des aliments sur mandat du Programme alimentaire mondial.

Sur le plan international, la Suisse est en contact étroit avec le coordinateur nommé par le secrétaire général de l'ONU pour la crise Ebola, le docteur David Nabarro. Elle accompagne de près toute discussion sur les mesures envisagées par l'ONU relatives à l'aide technique et au soutien financier.

Déjà avant la crise, la sécurité alimentaire était une priorité de la coopération suisse au Libéria. La Suisse soutient les programmes de l'ONG Action contre la faim dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l'eau et de la nutrition dans deux régions, celles de Lofa County et Monrovia.

Enfin, pour répondre à la question Schenker Silvia 14.5374: à la suite de la flambée d'Ebola, c'est le bureau de programme de la DDC à Monrovia qui est maintenant chargé de répondre sur place à la crise Ebola.

Quant aux projets dans cinq autres pays d'Afrique de l'Ouest, à savoir le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Ghana et le Bénin, ils continuent normalement, ces pays n'étant pour l'heure pas touchés par l'épidémie d'Ebola. Cependant, la situation y est suivie de près: au Mali et au Bénin, un plan de prévention est mis en place conjointement par le ministère de la santé et l'OMS. Outre les deux envois de matériel sanitaire dans la zone de crise, la Suisse soutient à hauteur de 300 000 francs les efforts de prévention au Bénin. Une contribution similaire en faveur des efforts de prévention au Mali est également examinée.