Cramer Robert · Ständerat · 2013-03-19
Cramer Robert · Ständerat · Genf · Grüne Fraktion · 2013-03-19
Wortprotokoll
En ma qualité de représentant du canton de Genève, je me devais de prendre la parole au moment où l'on aborde cet objet extrêmement important pour notre collectivité cantonale.
Je tiens tout d'abord à remercier le rapporteur, à remercier ensuite la commission pour la qualité de son travail et aussi pour le soutien qui s'est exprimé pour ce projet de traversée, qui se marque par les trois abstentions lors du vote de la commission.
Je dois rappeler que cette initiative cantonale a été déposée en 2011 pour attirer l'attention de notre Parlement sur la nécessité qu'il y a de trouver une solution à une double difficulté constatée actuellement à Genève en matière de mobilité. Il s'agit, d'une part, de régler la problématique du transit, c'est-à-dire véritablement de la fonction autoroutière, de faire en sorte que l'on puisse aisément contourner l'agglomération, et, d'autre part, aussi d'accompagner le développement de l'agglomération transfrontalière que nous avons à [PAGE 255] Genève, de pouvoir décharger la ville de la circulation automobile et créer de nouvelles liaisons entre les différents lieux de l'agglomération.
Depuis le dépôt de cette initiative cantonale, un certain nombre de faits nouveaux se sont produits. Le premier, c'est que cette initiative n'est plus tout à fait d'actualité puisqu'elle avait été rédigée dans la perspective de l'adaptation de l'arrêté fédéral sur le réseau des routes nationales; or cette adaptation est intervenue le 20 septembre 2012. Nous sommes en 2013, on voit donc bien que le temps a passé.
Et le deuxième élément, qui est peut-être encore plus important, c'est que dans l'intervalle, tout un travail a été engagé par la Confédération dans la perspective de la suppression des goulets d'étranglement. Dans le cadre de ce travail, on a examiné si une traversée du lac pouvait répondre à cette problématique des goulets d'étranglement, ou s'il ne fallait pas passer par d'autres voies. On a tout particulièrement examiné trois variantes, l'une qui était la traversée du lac, l'autre qui était de faire une nouvelle autoroute de contournement et la troisième qui était d'élargir l'autoroute actuelle.
Au terme de ces travaux, il s'est avéré que la façon la plus pertinente d'intervenir, qui permettrait de trouver le plus rapidement une solution, passait par l'élargissement de l'autoroute actuelle, et ce pour une double raison. D'abord l'élargissement de l'autoroute actuelle permet des travaux rapides et clairement moins coûteux que la traversée du lac et, par ailleurs, cet élargissement de l'autoroute actuelle représente pratiquement des travaux préalables à une nouvelle traversée du lac, dans la mesure où ces deux liaisons autoroutières sont complémentaires.
Vu cet élément nouveau, le gouvernement genevois considère qu'il y a lieu maintenant de mettre la priorité sur le projet qui réunit un très large consensus, sur le projet qui est voulu par les services techniques de la Confédération et qui est également soutenu par le Conseil d'Etat genevois; en d'autres termes, mettre la priorité sur le projet de l'élargissement de l'autoroute actuelle. En même temps qu'il faudra aller très rapidement dans cette direction, il ne faudra pas bien sûr omettre de travailler sur la problématique de la traversée du lac, de travailler sur ce projet dans une perspective d'aménagement du territoire, en voyant quel type de financement on pourrait réunir - il s'agit tout de même d'un ouvrage qui aurait une portée internationale - de sorte que ce projet puisse s'inscrire dans la perspective de 2016, dans la perspective de la révision de l'arrêté fédéral sur le réseau des routes nationales qui devra intervenir à cette date.
C'est dans ce sens que nous pouvons nous rallier à la proposition de la commission.