Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · 2014-11-25
Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · Jura · Fraktion CVP-EVP · 2014-11-25
Wortprotokoll
S'agissant du bloc 3, mon intervention concerne toutes les propositions de la majorité qui visent à supprimer les augmentations proposées par le Conseil fédéral en faveur de l'aide publique au développement, d'un montant total d'environ 100 millions de francs, l'aide humanitaire n'étant pas concernée. Les propositions de la majorité ne sont pas nouvelles puisqu'elles sont présentées chaque année, ce qui facilite - vous l'admettrez - le travail du parlementaire pour argumenter ou contre-argumenter.
En préambule, il faut bien admettre que réduire l'aide publique au développement est une fausse bonne idée dans le contexte international qui prévaut aujourd'hui. Jamais, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde n'avait connu un tel climat de tensions et d'affrontements. La guerre sévit aux quatre coins de la planète, avec un risque sérieux d'implosion. Dans un tel climat, vouloir réduire l'aide publique au développement est inconcevable et relève d'un geste irresponsable.
Après la destruction, les souffrances et l'anéantissement de tant de populations, l'heure de la reconstruction sonnera bien vite. La reconstruction devra se faire sur place - "vor Ort" - avec la création d'infrastructures civiles et avec le développement de programmes de formation, de santé ou encore d'aménagement en eau potable.
Réduire les dépenses en faveur de l'aide publique au développement, c'est refuser d'accomplir ses obligations morales. Pour garantir le financement de l'aide au développement, le Parlement suisse a pris la décision en 2012 d'augmenter l'aide afin d'atteindre 0,5 pour cent du revenu national brut d'ici 2015. Cela a été dit et redit. Refuser l'augmentation prévue par le Conseil fédéral, c'est remettre en question la parole donnée et l'engagement pris. Ce n'est pas envisageable. La Suisse se doit d'honorer les décisions du Parlement, il en va de son honneur et de sa crédibilité sur la scène internationale, d'autant plus qu'elle en a les moyens financiers aujourd'hui. Avec une contribution par habitant qui s'élève à 256 francs, elle se classe d'ailleurs au sixième rang mondial en matière de financement de l'aide publique au développement.
Certes, le Parlement, à l'occasion des discussions budgétaires, peut toujours supprimer ou modifier les crédits-cadres. Ceci relève de sa compétence. Toutefois, à la lumière des chiffres proposés par le Conseil fédéral et de l'augmentation de quelque 107 millions de francs des crédits alloués à l'aide publique au développement, la différence entre l'excédent conjoncturel et l'excédent structurel laisse une marge de manoeuvre confortable, soit 186 millions de francs, qui nous permettent d'accéder en tout ou en partie aux revendications du monde agricole.
Vous l'aurez compris, le groupe PDC/PEV, dans sa grande majorité, rejettera les propositions de la majorité et soutiendra les propositions de minorité qui prévoient d'adopter le projet du Conseil fédéral, à savoir augmenter l'aide publique au développement en 2015.