Beck Serge · Nationalrat · 2003-06-16
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2003-06-16
Wortprotokoll
La décision d'adhésion a été prise par nos concitoyens en mars 2002, après un débat intense qui a permis une détermination du corps électoral en connaissance de cause. Nous avons maintenant à assumer.
C'est avec intérêt que le groupe libéral a pris connaissance de ce premier rapport sur un exercice partiel, puisque l'adhésion officielle n'a pris effet qu'au 10 septembre 2002.
La neutralité de notre pays, rappelée dans la demande d'adhésion, a été reconnue tant par le Conseil de sécurité que par l'Assemblée générale des Nations Unies. Mais reconnaissons que ce n'est pas maintenant, mais bel et bien à l'épreuve du feu, que nous pourrons juger de la consistance de cette acceptation.
Le Conseil fédéral affirme que notre pays a été, depuis qu'il est membre, mieux à même de faire valoir ses positions et défendre ses intérêts. Nous souhaitons pour notre part que la priorité soit donnée au premier axe, soit à la défense et la promotion au plan universel de valeurs démocratiques qui nous sont chères. Nous avons, de par la nature de nos institutions, une expérience privilégiée qui nous amène à apporter une contribution déterminante dans la rénovation de l'organisation. Le défi n'est pas mince, et ceux qui veulent prendre prétexte de notre adhésion à l'organisation pour réduire les crédits consacrés à la politique étrangère ont une vision réductrice, nombriliste et peut-être même insultante à l'égard du potentiel d'apports de notre pays à la construction d'une communauté des nations plus démocratique, plus représentative et plus équitable.
Nous n'avons heureusement pas la possibilité, comme certains membres dominants de l'organisation, d'acheter les soutiens aux positions de certains Etats membres, et c'est par le dynamisme de nos relations diplomatiques bilatérales et multilatérales que nous devons motiver les pays partenaires pour le choix de solutions dont l'intérêt, pour eux-mêmes et pour la collectivité internationale, dépasse l'octroi ponctuel de crédits d'influence de quelques dizaines de millions de dollars.
Si le rôle de l'ONU comme forum privilégié pour le règlement des grands problèmes internationaux n'est pas contestable, la légitimité mondiale de certaines de ses décisions est moins établie que ne le prétend le Conseil fédéral. L'exemple des débats récents du Conseil de sécurité sur ce que j'appellerai la "lex americana", en relation avec le Tribunal pénal international, démontre le chemin que doit encore parcourir l'organisation pour atteindre cette légitimité universelle.
L'engagement de la Suisse dans cet objet est salué par le groupe libéral qui souhaite que notre pays soit parmi les initiateurs et contribue de manière dynamique et déterminée aux réformes de l'organisation évoquées sous chiffre 2.2.11 du rapport, particulièrement en ce qui concerne la réforme du Conseil de sécurité. Le droit de veto, et là je rejoins certains préopinants, est à analyser avec un oeil plus critique que celui du Conseil fédéral. En effet, si, dans le sens de la mise en place d'une mesure, il garantit un soutien international à celle-ci, dans le cadre de son abrogation, il garantit à un seul Etat la possibilité de blocage, même contre l'ensemble de la communauté internationale, et cela doit nous interpeller quant à l'aspect démocratique de tels effets.
En conclusion, le groupe libéral prend acte avec satisfaction de ce premier rapport. Il mesure l'importance des défis que notre pays, de par sa situation privilégiée, doit relever la situation privilégiée de notre pays lui impose quant à son engagement pour une amélioration de l'efficacité de l'Organisation des Nations Unies et souhaite que Parlement et gouvernement y consacrent l'énergie et les moyens adéquats.