Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2014-03-17
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2014-03-17
Wortprotokoll
Que nous apprend le rapport sur le transfert du trafic 2013? Il nous apprend que l'année passée, quelque 1,2 million de poids lourds ont traversé les Alpes suisses, alors que la loi prévoit l'abaissement à 650 000 courses par an dès 2018. A ce constat, le Conseil fédéral répond simplement que l'objectif reste irréalisable. Le groupe vert'libéral trouve cette réponse un peu courte sachant que, le 20 février 1994, la population suisse a accepté l'initiative populaire "pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit".
On nous répondra que cet objectif nécessite des moyens importants, et nous en sommes conscients. Mais lorsque l'on voit qu'il est possible de trouver 3 milliards de francs pour acheter des avions de combat qui ne pourront pas voler de nuit avant 2020 par manque de personnel au sol, on se dit que lorsqu'on veut, on peut. Le Conseil fédéral fait des choix qui ne respectent pas la volonté populaire, et ceci est dommageable pour notre démocratie. Cela fait vingt ans que l'on attend la concrétisation du vote populaire. On n'aura pas [PAGE 366] attendu autant pour l'application du vote sur les résidences secondaires ou l'initiative Minder.
On constate également que la construction d'un deuxième tube au Saint-Gothard coûtera plus de 3 milliards de francs, alors que la réfection du tube actuel en coûterait 1,5. Les milliards ainsi économisés pourraient être investis dans le transfert de la route au rail, répondant ainsi à la volonté populaire et aux objectifs européens de pouvoir traverser la Suisse de manière efficace et de manière beaucoup plus sûre.
De plus, lorsque l'on parle des coûts pour transférer les marchandises de la route au rail, on oublie de calculer les économies que l'on fera dans le domaine de la santé. En effet, les impacts négatifs de la pollution de l'air sur la santé ne font aujourd'hui plus aucun doute. De nombreuses études ont montré qu'un accroissement de la pollution de l'air entraînait une hausse de la mortalité et de la morbidité parmi la population. Il s'est avéré en particulier que les maladies cardiovasculaires et celles des voies respiratoires étaient liées à l'ampleur de la pollution. La pollution de l'air cause chaque année en Suisse au moins 3300 décès prématurés, 45 000 affections bronchiques et 23 000 crises d'asthme chez les enfants. Selon une étude réalisée en 2000, par le DETEC d'ailleurs, la pollution de l'air imputable aux transports engendre des coûts pour 1,6 milliard de francs dont 655 millions générés uniquement par le trafic des marchandises réalisé par les camions.
Compte tenu de ces éléments, le groupe vert'libéral ne peut qu'encourager le Conseil fédéral à mettre en oeuvre des mesures qui visent à réduire le transit des camions à travers les Alpes. Le Conseil fédéral doit mettre tout en oeuvre pour respecter les objectifs fixés dans la loi au nom du respect de notre démocratie.