Hêche Claude · Ständerat · 2012-06-04
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-04
Wortprotokoll
Je remercie le Conseil fédéral de sa réponse et me permets d'attirer son attention sur le simple fait que l'évocation de ce sujet en ce lieu représente déjà une lueur d'espoir pour les parents d'enfants autistes. Parler de l'autisme, c'est une sorte de reconnaissance pour ceux qui se sentent oubliés et qui sont ballotés à vue en fonction des études et des experts.
Pour que cette lueur d'espoir ne s'éteigne pas, je me permets de vous faire part de mon scepticisme face à cette réponse. Je veux pourtant croire au début d'une meilleure prise en charge puisque la reconnaissance des difficultés est maintenant acquise. L'interpellation a permis au Conseil fédéral de poser son constat, raison pour laquelle, mais sans le partager, je me déclare partiellement satisfait.
La réponse du Conseil fédéral est malheureusement quelque peu contradictoire. D'une part, il évoque une large palette de mesures existantes répondant aux besoins, mais, d'autre part, il reconnaît également une situation insatisfaisante en matière de diagnostic et de compétences.
Citant des experts, le Conseil fédéral affirme que les demandes d'examen ont augmenté, mais pas les diagnostics. C'est une réponse paradoxale puisque l'OFAS a lui-même fourni des chiffres qui montrent une augmentation des cas annoncés à l'AI de 10 pour cent par année.
Sans vouloir me lancer dans une bataille de chiffres, l'augmentation est bien réelle, même si la raison de cette évolution reste difficile à expliquer: affinement des méthodes et moyens statistiques, meilleure connaissance de ce qu'est l'autisme ou encore plus grande focalisation et peut-être médiatisation sur ce thème. Cette augmentation est significative et les récentes études démontrent la nécessité de faciliter et d'avancer la prise en charge puisque les moyens de dépistage sont plus précoces.
Si des mesures sont prises rapidement chez le jeune enfant, son intégration sera grandement facilitée et sa dépendance diminuée. Dans ce contexte de domaine pointu, avec un nombre de cas qui reste limité face à des troubles plus répandus, rejeter l'action sur les cantons revient quelque part à dilapider l'argent et l'énergie. Il ne sert à rien que chacun fasse ses essais dans son coin, ce d'autant plus que la souffrance des familles et leur isolement sont des facteurs importants dans la prise en compte de la question.
Ce regroupement des forces ne doit pas signifier la mise en place de traitements types. Dans le domaine sensible de l'autisme, il n'y a pas de méthodes types, mais uniquement des situations particulières, dont il faudrait mieux tenir compte et pour lesquelles il y aurait lieu de soutenir la prise de mesures et de traitements adéquats. A cet égard, les prestations actuelles, notamment de l'assurance-invalidité, sont insuffisantes. Dans la pratique, on a négligé certaines options. Je pense en particulier aux mesures thérapeutiques qui pourraient, à moyen et long terme, empêcher une lourde souffrance et, au passage, feraient économiser une grande somme d'argent.
Si la problématique des moyens financiers n'est certainement pas le noeud du problème, on ne peut pas nier les difficultés qui peuvent survenir à ce niveau. Et il faut signaler que si les allocations pour impotent peuvent apporter une aide bienvenue, elles n'ont rien à voir avec les sacrifices demandés. En n'explorant pas certaines pistes au niveau des thérapies, on prive les personnes concernées de chances de développement et de progrès. A cela s'ajoute qu'une intervention trop faible aggrave la situation jusqu'à rendre trop souvent leur intégration quasiment impossible.
Il y a l'attente de nombreuses familles. Je compte bien, avec votre soutien, Monsieur le conseiller fédéral, poursuivre mon action en demandant par exemple au Conseil fédéral un engagement plus marqué et l'examen de mesures nouvelles et/ou complémentaires. L'amélioration de la prise en charge des personnes atteintes d'autisme est non seulement une nécessité, mais également un devoir.