Neirynck Jacques · Nationalrat · 2014-09-18
Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion CVP-EVP · 2014-09-18
Wortprotokoll
La question que je soulève est une question importante. Nous avons un déficit de personnel médical et particulièrement de médecins. Chaque année, il y a 3400 candidats aux études de médecine résidant en Suisse, il y en a 1000 ou 1100 qui sont acceptés, il y a 700 personnes qui sont diplômées et nous importons chaque année plus de médecins formés à l'étranger que nous n'en formons nous-mêmes. C'est une situation qui ne peut pas continuer parce qu'à tout moment les pays étrangers peuvent décider de garder chez eux leur personnel médical. Un certain effort a été fait par un certain nombre d'universités, mais il est bien inférieur à celui qu'il faudrait faire. La moyenne d'âge des médecins en activité augmente régulièrement et à un certain moment nous ne pourrons plus assurer la relève.
Je propose donc que la Confédération étudie tous les moyens possibles pour assurer la relève médicale. J'en propose quatre:
1. Demander aux deux Ecoles polytechniques fédérales de décerner un bachelor qui ouvre la voie aux facultés de médecine - ce moyen est déjà en partie utilisé, mais il faudrait l'encourager.
2. La Confédération devrait assumer la charge financière des facultés de médecine. L'Université de Berne a fait remarquer que la moitié de son budget est consacré à sa faculté de médecine. Or nous devons faire face au défi de [PAGE 1609] passer de 700 diplômés à 1200 ou 1400. L'Université de Berne ne peut pas augmenter le budget qu'elle consacre à la faculté de médecine. Il faudrait donc que la Confédération aide les cantons, davantage qu'elle ne le fait maintenant.
3. Fédéraliser certaines facultés ou les fédéraliser toutes. D'une façon ou d'une autre, c'est toujours l'argent des contribuables qui sert à former les médecins. C'est une somme considérable: il faut près d'un million de francs pour former un médecin. Nous dépensons 700 millions de francs; nous devrions en dépenser plus d'un milliard, 1,2 milliard. Ce ne sont pas les cinq cantons universitaires qui vont prendre le plus gros de cette charge. Il faudrait simplement réfléchir à la possibilité que la charge soit répartie sur l'ensemble de la Confédération, c'est-à-dire l'ensemble des cantons. On ne peut pas attendre des cantons universitaires qu'ils subventionnent la formation de personnel qui ira, après cela, dans les cantons périphériques. D'autre part, les cantons universitaires sont fournis - par définition, les jeunes médecins s'installent à proximité de leur faculté - et la situation actuelle est préjudiciable aux cantons périphériques.
4. Fonder une faculté fédérale de médecine au Tessin. Le Tessin n'en a pas et ce serait une possibilité. Cette dernière proposition de ma part a d'ailleurs été reprise et commence à faire son chemin.
Pour l'instant, on se met dans ce cercle vicieux qui consiste à dire que, d'une part, il n'y a pas assez de places de formation, c'est-à-dire qu'il n'y a pas assez de malades pour former de jeunes médecins et que, d'autre part, on constate qu'il n'y a pas assez de médecins pour soigner les malades. L'objectif de mes propositions est de sortir de ce cercle vicieux. Rien n'empêche d'y ajouter d'autres possibilités, mais je suggère pour le moins de consulter et considérer sérieusement ces quatre propositions.