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Chevrier Maurice · Nationalrat · 2001-11-27

Chevrier Maurice · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2001-11-27

Wortprotokoll

L'occasion est trop belle pour résister au plaisir de tordre ici le cou à certains clichés malveillants qui voudraient qu'en Valais, au niveau politique, une majorité étouffante écrase systématiquement toutes les velléités minoritaires. Jugez plutôt: vous vous retrouvez face à une présidente socialiste, sans-papiers selon ses dires, mais aux origines valaisannes bien marquées, face à un conseiller fédéral radical-démocratique et au milieu desquels intervient un démocrate-chrétien. Difficile de faire mieux en matière de pluralisme et de symbolique!

Mais revenons à l'objet qui nous occupe, pour saluer ici la décision de principe d'aller au-delà du lifting, même si la patiente n'accuse pas 25 ans; 25 ans, un âge presque canonique dans un domaine aussi évolutif que la formation professionnelle. Nous nous réjouissons effectivement des nombreuses et diverses améliorations que recèle le nouveau projet, que ce soit en matière de flexibilité dans l'organisation, de perméabilité, de systématisation des offres de formation selon le niveau de qualification ou encore de financement par la Confédération, Confédération qui, si la décision de la commission est entérinée, prêchera non seulement par la parole, mais également par l'exemple.

Nous nous devons néanmoins d'insister sur un aspect qui nous préoccupe autant qu'il nous est cher, à savoir le respect des minorités visé à l'article 7 de la loi. L'encouragement des groupes et des régions défavorisés ne doit pas rester à l'état de voeu pieux. Du moins les sensibilités et les particularismes régionaux qui ont fait leurs preuves doivent-ils être favorisés plutôt que freinés ou étouffés. Nous pensons en particulier à ces véritables et vénérables institutions que représentent les écoles de commerce dans toute la Suisse latine, et plus particulièrement en Valais. Ce système de formation méconnu outre-Sarine, mais qui dans un canton comme le mien n'a pas d'alternative crédible, faute d'entreprises offrant un nombre suffisant de places d'apprentissage, doit trouver dans ce texte de loi son assise légale.

C'est ainsi, Monsieur le Conseiller fédéral, que je vous invite à déclarer sans ambiguïté, comme vous l'avez fait devant la commission, que les institutions accréditées à cette fin, visées par l'article 13 alinéa 1bis, comprennent les écoles de commerce, lesquelles, moyennant quelques ajustements au niveau des programmes, seront considérées comme des lieux d'enseignement dispensant tant les formations scolaire que pratique.

Pour le surplus, nous nous devons de relever l'importance d'une bonne application de l'article 14f pour toutes les PME de ce pays, pour toutes ces entités dont la taille ne permet pas la mise sur pied de cours servant à transmettre le savoir-faire de base, communément appelés "cours d'introduction". En ce sens, je vous demande de rejeter sans état d'âme la proposition de minorité Pfister Theophil et de confier aux cantons, en collaboration avec le monde du travail, et non au seul monde du travail, la responsabilité principale, la responsabilité première de l'organisation de ces cours, élément complémentaire indispensable au système dual confirmé, renforcé et modernisé par le projet qui vous est soumis.

Enfin, nous soutiendrons avec conviction les mesures proposées au chapitre 6bis, destinées à valoriser et à améliorer la formation des orienteurs dont le rôle essentiel dans le développement et la promotion de la formation professionnelle ne devrait plus échapper à personne.

Enfin, nous applaudissons à l'introduction dans la loi d'une disposition permettant la création d'un fonds en faveur de la formation professionnelle, fonds qu'alimenteraient obligatoirement toutes les entreprises d'une branche, en particulier celles qui négligent complètement leur rôle formateur et qui, jusqu'à ce jour, profitaient, de manière éhontée parfois, des louables et onéreux efforts des autres.