Lexipedia

Savary Géraldine · Ständerat · 2013-03-20

Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-03-20

Wortprotokoll

A la lettre b de l'alinéa 2, j'aimerais soutenir la majorité de la commission. Au Conseil des Etats, nous nous soucions souvent - à juste titre - du sort des cantons alpins et de l'avenir des régions périphériques: c'est une question juste et légitime, qui en appelle à notre solidarité confédérale.

Je vous demande aujourd'hui, de manifester la même solidarité à l'égard des villes, qui doivent faire face - vous lisez les journaux, vous y habitez pour certains d'entre vous - à d'énormes problèmes liés à la consommation nocturne d'alcool. Les villes ont fait part il y a quelques semaines, lors d'une conférence de presse, de leurs inquiétudes et des problèmes qu'elles rencontrent dans la gestion des activités nocturnes dans les centres urbains. En particulier, ce qui est pointé du doigt par les villes suisses dans leur rapport, c'est l'accès permanent à l'alcool, qui est véritablement considéré comme un des problèmes les plus importants, les plus fondamentaux dans la réalité des villes suisses.

Pourquoi cet accès permanent à l'alcool dans les villes est-il un problème? Vous le savez, vous le voyez quand vous vous déplacez, actuellement les personnes qui souhaitent faire la fête le soir dans les villes, en particulier le week-end, consomment de l'alcool chez elles: elles commencent en général vers 19 heures, boivent en particulier des alcools forts qu'elles mélangent avec des boissons sucrées, après quoi elles sortent, consomment de l'alcool dans la rue en se déplaçant ou dans des parcs, elles en rachètent régulièrement durant toute la soirée parce qu'il y a des commerces à disposition, elles s'enivrent. Résultat des courses: il y a des bagarres, des rixes, des bastons, des signes manifestes d'agressivité envers les corps de police de notre pays.

Cette situation est véritablement très difficile à gérer pour la plupart des agglomérations dans notre pays. Madame Keller-Sutter, j'ai vraiment salué le travail que vous avez fait pour lutter contre le hooliganisme, mais si on va jusqu'au bout de l'opération, si on veut véritablement aller vers une sécurisation du sport et des endroits où ces manifestations sportives ont lieu, on doit aussi se préoccuper de la manière dont ces hordes de supporters sortent des stades, se déplacent dans les villes, arrivent dans les gares, trouvent à leur disposition des commerces qui proposent de l'alcool, prennent le train et, après, commettent des déprédations, en particulier dans les gares, dans les trains, mais aussi sur le trajet, dans les villes. C'est véritablement un problème lié au fait que l'accès à l'alcool reste malheureusement beaucoup trop facile. [PAGE 293]

Si je prends comme exemple la ville où j'habite, Lausanne, qui est vraiment sujette à un certain nombre de problèmes, la municipalité a décidé - parce que la situation l'exige et non pas parce qu'elle le souhaite particulièrement ou qu'elle ait envie de fermer les commerces - d'interdire l'accès à l'alcool le week-end à partir de 20 heures. Ce sont des mesures dures mais indispensables pour assurer la sécurité non seulement des jeunes, mais aussi de la population dans son ensemble et éviter que les rixes, les bagarres et des situations pénibles se multiplient.

Honnêtement, je vous le dis, j'aurais privilégié une fermeture de ces commerces à 20 heures. Alors je vois bien que la majorité est impossible à atteindre sur cette proposition. Quand nous étions jeunes, nous nous sommes sans doute amusés. Nous avions un accès à l'alcool limité sans doute entre 19 et 20 heures, parce que les commerces ouvraient à cette époque jusqu'à 19 ou 20 heures. Je n'ai pas eu l'impression que nos droits fondamentaux étaient bafoués. On a quand même pu vivre une jeunesse à la fois saine et festive, donc ce n'est pas non plus impossible de promulguer une interdiction - ici on parle d'une interdiction à 22 heures. Je crois qu'on a besoin de faire passer ce message et de fixer des règles pour l'accès à l'alcool. Cela me paraît absolument indispensable.

Je terminerai avec quelques chiffres que sans doute vous connaissez pour la plupart: 40 000, c'est le nombre de lieux de vente d'alcool permanents en Suisse; 10 milliards de francs, c'est le chiffre d'affaires annuel lié à l'alcool pour les producteurs, les grossistes, les détaillants et les exploitants d'établissement publics.

Je crois que sans réduire la liberté d'entreprise, nous pouvons faire acte, montrer notre volonté de protéger la sécurité de la population et montrer notre souci d'une politique de santé publique cohérente.

Je vous invite donc à adopter la proposition de la majorité de la commission qui reprend le projet du Conseil fédéral à l'article 10 alinéa 2 lettre b.