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Comte Raphaël · Ständerat · 2013-03-20

Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2013-03-20

Wortprotokoll

La mesure qui est proposée n'est effectivement pas très libérale, mais nous ne sommes pas ici pour défendre des dogmes politiques. Nous sommes là pour trouver un certain nombre de solutions à des problèmes concrets, et la question qui se pose n'est pas de savoir si la mesure est libérale ou non, de gauche ou de droite, mais bien de savoir si elle est efficace ou non.

Ce prix minimum qui est proposé ne va pas toucher le consommateur ordinaire, le consommateur adulte responsable et raisonnable, mais il va surtout toucher des catégories qui sont à risque, essentiellement les jeunes. On a beaucoup parlé des jeunes de 10 ou 12 ans qui se saouleraient. Bien sûr, il y a toujours des cas particuliers qui se produisent, mais, par exemple, le courrier des cantons qui nous a été transmis indique que ce sont notamment les jeunes de 15 à 24 ans - c'est-à-dire toute une catégorie de la population - qui seront le plus touchés par ce prix minimum, parce que leurs moyens financiers sont relativement limités. Par conséquent, une augmentation du prix peut naturellement avoir une influence.

Le prix minimum ne touche pas non plus les producteurs suisses puisque le prix de leurs produits est de toute façon plus élevé que celui des produits des producteurs étrangers. En fait, si on introduit un prix minimum, c'est même un soutien aux producteurs indigènes, aux producteurs suisses. Cela mettra plutôt en difficulté des producteurs étrangers comme ceux qui produisent de la vodka. Les producteurs suisses produisent essentiellement des alcools dans le but d'une consommation plaisir, alors qu'un producteur de vodka a pour but de vendre un maximum. A mon avis, c'est une production qu'on ne doit pas défendre.

Il y a quelques minutes, nous avons voté une diminution des moyens alloués à la prévention, ce qui aura un certain nombre de conséquences. Je pourrais entendre le discours consistant à affirmer que l'on ne doit pas interdire, mais faire de la prévention. Cependant, si l'on coupe des moyens alloués à la prévention et que parallèlement on n'introduit pas des mesures, on en arrive finalement à une diminution sensible des mesures pour éviter l'alcoolisme que nous connaissons au sein de la population, et tout particulièrement au sein de la jeunesse.

Sur la question du tourisme d'achat qui pourrait se mettre en place, évoquée par Monsieur Schwaller, il est quand même relativement difficile d'imaginer qu'un groupe de jeunes qui se rencontrent un soir à Zurich se disent qu'ils vont vite aller faire un petit détour du côté de l'Allemagne pour acheter des boissons qui seront moins chères. Cela peut peut-être arriver dans des zones situées vraiment près de la frontière, à quelques kilomètres de la frontière. En général, ça se passe à des moments de la soirée où les personnes sont suffisamment imbibées d'alcool pour qu'elles n'aient même pas l'idée d'aller de l'autre côté de la frontière. En conclusion, je pense que nous devons défendre la liberté du commerce, mais cette liberté ne doit pas consister à abrutir notre jeunesse ou à l'empoisonner.

Je vous invite donc à soutenir ici la proposition de la minorité.