Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2001-11-29
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2001-11-29
Wortprotokoll
Nous ne sommes pas en Afghanistan et nous n'allons pas faire de comparaison, mais toute chose égale par ailleurs, on se demande si nous ne sommes pas en face des talibans de notre démocratie. En effet, on nous parle de droits fondamentaux, mais s'il y a un droit fondamental, c'est bien celui de la dignité et de la responsabilité, de la responsabilité dans la liberté de la femme. Quel est, surtout avec les connaissances qu'on a aujourd'hui, ce droit fondamental qui serait celui de l'enfant à naître contre la volonté de la mère? Car il s'agit de cela: mettre en opposition une protection soi-disant absolue de l'enfant à naître et la santé psychologique, morale et physique de la mère, dont l'enfant est entièrement dépendant. Par conséquent, cette contradiction ne peut être résolue que par la garantie du droit fondamental de la mère à prendre en toute liberté et en toute responsabilité, mais non pas en toute facilité, une décision. C'est ce que nous avons fait en adoptant en mars 2001 la modification des dispositions pénales relatives à l'interruption volontaire de grossesse.
Là, je dirai aussi aux démocrates-chrétiens que c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas pu être d'accord avec eux. A un moment donné, il n'y a pas de compromis ni de solution de rechange plus ou moins possible à ce choix: "Est-ce que nous considérons que c'est à la femme de décider, et à la femme seule, sans consultation obligatoire, mais avec des possibilités qui lui sont offertes, ou est-ce que nous considérons qu'au nom d'on ne sait quelle norme c'est à quelqu'un d'autre de décider ou de faire pression? C'est la raison pour laquelle je dirai aux auteurs de l'initiative que nous sommes aussi pour les droits fondamentaux et leur protection. Mais, en l'occurrence, nous croyons que la mère qui porte un enfant a un droit fondamental, celui de porter son enfant dans de bonnes conditions.
C'est la raison pour laquelle, une fois encore, nous disons ici à cette tribune, et je le dis au nom du groupe et du Parti libéral: le droit fondamental, c'est la liberté associée à la responsabilité de la personne, en l'occurrence de la mère. Cela, c'est une première chose.
La deuxième chose, c'est que nous avons déjà discuté de tout cela et qu'évidemment cette initiative arrive, si je puis dire, comme du réchauffé un peu désagréable, car on a l'impression qu'on ne va pas refaire tout le débat que nous avons fait.
Et puis le troisième point que j'aimerais soulever, c'est que la proposition de minorité n'est pas un contre-projet intéressant dans ce débat. Tout d'abord, parce qu'il est flou. On vous parle de la protection de l'enfant à naître, sans vous dire en quoi consisterait cette protection. En réalité, c'est un flou qui veut faire un peu moins peur, mais qui s'inspire totalement de l'initiative. C'est, si je puis dire, la solution de l'initiative présentée sous un jour rassurant. Eh bien, nous ne voulons pas de ce jour rassurant, nous ne voulons pas de faux-semblant, nous ne voulons pas de faux-fuyant, nous voulons en rester au vrai choix de liberté et de responsabilité que nous avons fait.
C'est la raison pour laquelle le groupe libéral vous propose naturellement de recommander le rejet de l'initiative et tout autant de rejeter la proposition de minorité qui vous est présentée.