Bugnon André · Nationalrat · 2010-03-04
Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2010-03-04
Wortprotokoll
Monsieur Schibli s'est exprimé tout à l'heure au nom de la majorité du groupe UDC. Il a omis de préciser qu'il représentait seulement une majorité, puisqu'une minorité du groupe UDC va bien sûr soutenir l'entrée en matière et accepter le crédit total pour ce projet. Et je souhaite que cette minorité du groupe UDC augmente encore après mon intervention.
On a entendu tout et n'importe quoi dans les couloirs de ce Palais sur ce dossier et sur la préparation de ce sommet. Mais il est vrai que quand on veut abattre son chien, on dit qu'il a la rage.
La Francophonie existe! Et le français est une langue pratiquée dans plus de 70 pays. Certains parmi vous remettent en question la nécessité d'organiser le Sommet de la Francophonie en Suisse et proposent de ne pas entrer en matière sur ce projet. Mais qui allez-vous punir en refusant d'entrer en matière? Monsieur Schwander a dit que le canton de Vaud n'avait qu'à organiser ce sommet! Mais, Monsieur Schwander, le canton de Vaud n'a rien demandé - das Waadtland hat nichts verlangt! Il a, au contraire, contribué à rendre service à la Confédération. En effet, lorsque le Conseil fédéral a proposé d'organiser le Sommet de la Francophonie, il a approché le canton de Vaud pour lui demander s'il était d'accord de jouer le jeu! Donc attaquer le canton de Vaud et lui demander de prendre les coûts à sa charge, c'est tirer sur quelqu'un qui n'est pas responsable de cette situation. D'ailleurs, cette situation est connue: elle résulte de l'urgence, puisque la candidature de Madagascar - qui devait initialement organiser ce sommet - n'a pas été retenue, à cause d'un dysfonctionnement démocratique.
En refusant d'entrer en matière, vous ne faites pas que punir le canton de Vaud qui a accepté, dans des conditions d'organisation pénibles, dans un délai limité, de rendre service à la Confédération à laquelle il est attaché; vous punissez également d'autres régions. Vous punissez le canton de Zurich et son Unique Airport, puisque c'est là que vont atterrir la plupart des personnes qui se rendront au Sommet de la Francophonie. Et, surtout, vous punissez notre pays, vous punissez la Suisse. Dans la situation actuelle, avec les conflits que nous devons affronter sur le plan international, avec l'image dégradante qui est la nôtre aux yeux de certains, si on arrive encore à "botter ce sommet en corner" et à montrer par là qu'on est incapable d'organiser dans l'urgence quelque chose qui est fondamental pour le bon fonctionnement des pays de notre planète, là encore notre image va en prendre un coup. En tout cas, elle ne va pas s'améliorer, ça, je peux vous le garantir.
Bien sûr, on peut reprocher à Madame la conseillère fédérale Calmy-Rey de ne pas avoir été présente à la Commission des finances pour défendre ce projet. Vous pouvez formuler vos griefs, mais ce n'est pas à cause de cette absence-là - elle devait certainement être occupée ailleurs - que l'on doit annuler le projet en lui-même.
Enfin, à celles et ceux qui estiment que l'existence même des réunions sous le drapeau de la Francophonie ne servent à rien du tout, je voulais encore dire ceci: parmi tous les éléments qui sont évoqués dans le cadre des sommets de la Francophonie, il y en a un qui est fondamental, c'est la promotion de la mise en place d'un fonctionnement politique qui respecte les valeurs démocratiques dans les pays membres. C'est d'ailleurs pour une raison de non-respect de ces règles que Madagascar n'a finalement pas été retenue pour l'organisation du sommet. Or, qui dit développement de la démocratie dans les pays en voie de développement, ou dans ceux qui ne se nourrissent pas encore de ces principes démocratiques, dit développement de l'économie dans lesdits pays, parce qu'il faut une base démocratique solide pour permettre un développement de l'économie. Et qui dit développement de l'économie, dit moins de pression sur les mouvements migratoires.
Je vous invite à réfléchir à tout cela et à vous prononcer en faveur de l'entrée en matière et du crédit.