Maire Jacques-André · Nationalrat · 2014-09-17
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-09-17
Wortprotokoll
Je rappelle que ma motion concerne avant tout le secteur de l'industrie des machines, qui, en raison du problème du franc fort, mais aussi de façon plus permanente en raison des adaptations structurelles et technologiques que les entreprises doivent impérativement mener, se trouve de façon cyclique en situation très difficile, depuis plusieurs années déjà. Même si l'on en parle peu dans les médias, de nombreuses entreprises de ce secteur économique très important pour notre pays sont à nouveau en grande difficulté ou risquent de l'être dans les mois à venir. Nous remercions tout d'abord le Conseil fédéral pour les éléments de réponse qu'il a apportés par écrit aux demandes formulées dans ma motion. Plusieurs de ces éléments nous rappellent que des possibilités de soutien existent, en matière de formation notamment, pour aider les personnes menacées de perdre leur emploi à actualiser leurs connaissances professionnelles et à intégrer et maîtriser les nouvelles technologies. Toutefois, je maintiens ma motion et vous demande de la soutenir pour les raisons suivantes.
Comme je l'ai relevé dans le développement de la motion, une partie relativement importante des entreprises actives dans l'industrie des machines doivent opérer une véritable mutation structurelle afin de revoir fondamentalement leurs méthodes et techniques de production. La formation continue de leurs collaborateurs, même si elle est importante, ne suffira pas à relever ce défi. Si elles ne réalisent pas rapidement ces transformations en profondeur, ces entreprises ne redeviendront pas concurrentielles, même lorsque le franc suisse retrouvera un cours de change plus raisonnable qu'aujourd'hui. Dès lors, elles risquent d'être condamnées à cesser leurs activités en Suisse pour les abandonner définitivement ou pour les délocaliser vers des pays à bas prix de production, où les outils de production sont plus récents et performants.
Face au risque très réel de désindustrialisation progressive de notre pays et plus particulièrement de certaines de ses régions - je pense bien sûr à l'Arc jurassien en priorité pour l'industrie des machines -, nous demandons au Conseil fédéral de mettre en place un véritable plan d'action sur la base des suggestions contenues dans ma motion, dont la liste n'est évidemment pas exhaustive. En aucun cas, ces actions ne doivent être menées par les seules collectivités publiques. Dans l'esprit de ma motion, il s'agit de mener des réflexions et de promouvoir des actions en étroite collaboration avec les milieux industriels et les associations professionnelles concernées. Sans remettre en question la liberté d'entreprendre, il est de la responsabilité de la Confédération et des cantons, par leur département de l'économie, de conduire ces travaux avec les partenaires privés afin de déterminer les grands axes d'une véritable politique industrielle. Celle-ci doit permettre de maintenir le savoir-faire extraordinaire de notre pays et de le développer afin de rester pleinement compétitif non seulement dans les activités de recherche et développement, mais également dans les activités de production qui offrent de très nombreux emplois dans notre pays.
En guise d'illustration, rappelons que, à la suite de la très grave crise horlogère de la fin des années 1970, grâce à l'action concertée d'employeurs visionnaires et de responsables politiques déterminés, la Suisse a réussi l'exploit de reprendre pied sur le marché des montres bon marché, marché qui semblait à jamais condamné pour la Suisse du fait de la concurrence asiatique. Ainsi, par la véritable révolution industrielle menée pour produire la Swatch, on est parvenu à sauver un grand nombre d'emplois dans notre pays. C'est une telle révolution que doivent connaître certaines entreprises du secteur de la mécanique aujourd'hui et demain, en lien par exemple avec l'arrivée de l'impression en trois dimensions. Elles ne pourront pas le faire toutes seules; elles ont besoin d'un appui déterminé de la part des autorités politiques qui doivent s'impliquer au-delà du maintien des conditions-cadres actuelles pour relever le défi de maintenir en Suisse une place industrielle forte avant qu'il ne soit trop tard.
Pour que ce défi déterminant puisse être relevé par l'action concertée des acteurs publics et privés, je vous demande d'adopter ma motion.