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preparatory:AB 170293

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2014-12-11

Wortprotokoll

Nous avons effectivement affaire à une situation qui a beaucoup évolué, très rapidement et de manière assez dramatique, dans les principaux pays concernés. En effet, durant l'année écoulée, le recensement de l'OMS fait état de plus de 17 000 cas de personnes atteintes du virus Ebola, essentiellement dans six pays, dont plus d'un tiers sont décédées.

Il y a trois pays d'Afrique occidentale qui sont fortement touchés: la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. La transmission du virus y reste d'ailleurs actuellement très élevée, je tiens à le rappeler. Il y a une stabilisation du nombre de nouveaux cas par semaine en Guinée et au Liberia, mais à un niveau élevé. En Sierra Leone, il y a une augmentation du nombre de nouveaux cas par semaine. Dans les autres pays la situation est différente. Au Mali, il s'agissait d'un nombre relativement bas de cas qui avaient été importés; mais on ne sait pas encore comment la situation va évoluer.

Il y a beaucoup de mesures à prendre sur place - j'y reviendrai tout à l'heure, et ce sera aussi une réponse à la remarque que vous avez formulée sur la présence et le rôle de la Suisse sur place. Il y a aussi les mesures que nous avons prises en Suisse.

En Suisse, les travaux se sont concentrés sur trois domaines: les hôpitaux, les aéroports, l'asile. Nous avons notamment pu vérifier que nos cinq hôpitaux universitaires étaient préparés pour une prise en charge de patients atteints du virus Ebola. Il semblerait que l'un d'entre eux ne soit pas en mesure d'accueillir un tel patient à tous les stades de la maladie - il y a une phase très intensive, très difficile à gérer. Mais nous sommes en mesure, globalement, de gérer ces situations.

Cela a été démontré dans le cas du médecin cubain qui a été traité aux Hôpitaux universitaires de Genève et qui a pu quitter l'établissement en bonne santé il y a quelques jours.

En plus des cinq hôpitaux universitaires, onze hôpitaux cantonaux sont déjà ou seront bientôt en mesure d'isoler pendant 24 à 72 heures des cas suspects afin de procéder à des vérifications. Dans les aéroports, la communication destinée aux passagers a été intensifiée. [PAGE 1322]

Dans le domaine de l'asile, la collaboration avec l'Office fédéral des migrations est bonne. Une procédure très précise est appliquée lorsque l'on soupçonne qu'une personne est passée par une zone touchée. Cette procédure est utilisée en concertation avec les cantons pour prendre en charge ces cas et y apporter la meilleure réponse possible. Des mesures de quarantaine ont été ordonnées, notamment dans le cas d'un requérant d'asile qui a développé des symptômes alors qu'il était en quarantaine. Lorsque les symptômes ont été confirmés, il a pu être transporté au CHUV, où, assez rapidement les tests ont démontré de manière claire et définitive que si les symptômes ressemblaient à ceux de la fièvre Ebola, ce n'était pas le virus Ebola qui était en cause.

Je vous fais grâce de tous les détails de la coordination mise en place en Suisse. Elle est très détaillée; on pourrait en parler longtemps. Nous faisons preuve, je le crois, de maîtrise dans ce domaine.

Sur le plan international, car c'est le point que vous avez ajouté dans votre intervention, la Suisse a débloqué 29 millions de francs depuis le début de la crise pour lutter contre l'épidémie de fièvre Ebola. Cette somme va aux organisations humanitaires partenaires - Médecins sans frontières, Croix-Rouge - et au programme régional d'urgence, par exemple au Programme alimentaire mondial. De plus, des biens de secours ont été livrés, soit 30 tonnes de matériel de protection au Ministère de la santé et à la Croix-Rouge du Liberia. L'appui à ce pays inclut aussi des véhicules de transport de patients, de corps et de matériel.

Et puis il y a également un coordinateur d'urgence et un expert en logistique du Corps suisse d'aide humanitaire, qui ont été envoyés à Monrovia et d'autres missions d'experts qui sont à l'étude.

Dans ce domaine, la question qui se pose au moment où une telle épidémie se développe, avec autant de virulence, sans être, ma foi, automatiquement prévisible dans son ampleur, la question qui se pose est la suivante: où investir au mieux les moyens pour que la réponse sanitaire sur place soit la plus efficace possible? Et il est vrai que dans un tel cadre, où il faut agir dans l'urgence, on se pose moins la question de savoir ce qu'on pourrait développer de nouveau, ce qu'on pourrait encore renforcer dans notre propre organisation, que de soutenir ce qui existe et ce qui est en mesure d'apporter la réponse la plus efficace possible avec les organisations existantes.

Cela dit, je prends plutôt votre intervention comme une invitation, au moment de tirer le bilan, à se demander ce qui a bien fonctionné, ce qui aurait peut-être pu fonctionner différemment, comment nous souhaitons travailler à l'avenir. Tout cela en étant bien au clair sur le fait que l'aide humanitaire suisse est de très haute qualité, qu'elle est reconnue dans le monde entier, et que la question qui se pose dans ces cas-là est toujours la même: comment faut-il organiser les choses pour que cela marche le mieux possible en fonction de ce qui est prévisible, en sachant qu'il y aura toujours des situations très particulières, dans lesquelles nous devrons nous appuyer sur le travail et les compétences d'organisations partenaires?

Je vous remercie donc de votre intervention, qui me permet de donner ici quelques informations sur la situation actuelle, en Suisse, mais aussi sur l'engagement de la Suisse à l'extérieur. Et comme vous l'avez mentionné, j'ai parlé de l'Office fédéral des migrations, qui relève du Département fédéral de justice et police, qui est très impliqué dans les travaux que nous menons en Suisse. Mais je dois aussi souligner dans ce domaine l'excellente collaboration - et c'est le moins que l'on puisse en attendre, mais je souhaite le souligner - entre les différents départements et notamment le travail réalisé dans ce cadre par le Département fédéral des affaires étrangères.