Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2001-12-05
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2001-12-05
Wortprotokoll
On pourrait dire que M. Schlüer, avec sa proposition de minorité de non-entrée en matière, nous oblige à mener un drôle de débat puisque, en fait, premièrement, ce débat nous l'avons déjà eu sur le principe et, deuxièmement, le peuple a ratifié l'engagement de soldats suisses armés, particulièrement au Kosovo.
J'ai le sentiment que, du côté de ceux qui ont été battus - de peu, c'est vrai, mais battus -, on veut toujours s'appuyer sur le fait que la victoire a été mince, courte, pour dire: "Vous voyez, vous devez faire presque comme si nous avions, nous, gagné." Eh bien non! une décision démocratique est [PAGE 1735] une décision démocratique. Le peuple a donc souscrit à la politique de sécurité du Conseil fédéral, politique qui a été largement ratifiée par le peuple et les cantons avec le rejet des initiatives du GSsA.
Dans cette politique de sécurité, Monsieur Schlüer, l'armée suisse a la mission de préparer la défense du territoire. Pour assurer la paix, elle a également la possibilité d'engager des soldats suisses dans des actions multilatérales. Tous ceux d'entre nous qui sont allés au Kosovo ont bien vu que ça ne pouvait pas continuer comme c'était avant. Ils ont bien vu qu'il fallait en effet un armement approprié et que celui-ci devait être mesuré. C'est au Conseil fédéral d'en juger, d'apprécier exactement les besoins. Par conséquent, ce qui nous est proposé maintenant n'est que la suite logique, normale et souhaitable de ce que nous avons déjà décidé ici et de ce que le peuple a ratifié.
Cela étant, la mission au Kosovo, nous la connaissons. Les conditions dans lesquelles s'articule la présence suisse, nous les connaissons. Par conséquent, il y a une confiance minimale à accorder au Conseil fédéral. S'il devait y avoir un changement de conditions, il est bien évident que le Conseil fédéral interromprait la mission et que nous aurions à en rediscuter. Mais telles que les choses sont, au moment où le Kosovo semble aller vers une stabilisation et où il existe des chances qu'une vie démocratique reprenne en même temps qu'un développement économique, nous devons considérer que le Conseil fédéral peut être garant de cette mission jusqu'à fin 2003.
C'est la raison pour laquelle, au nom du groupe libéral, je vous invite, premièrement, à entrer en matière; deuxièmement, à rejeter la proposition Kunz de raccourcir la durée de l'engagement, qui serait une sorte de doute mis sur le bien-fondé de la mission telle que nous la connaissons sur le terrain dont nous avons déjà entendu parler, le Kosovo; et, troisièmement, à approuver le projet d'arrêté tel qu'il nous est présenté par le Conseil fédéral.