Lexipedia

preparatory:AB 173477

van Singer Christian · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-06-18

Wortprotokoll

Il s'agit de défense nationale et une réforme de l'armée doit découler d'un concept de défense nationale. Nous en sommes à la cinquième révision en vingt ans, ce n'est pas pour rien. La situation géostratégique a évolué, les risques ont changé. Cette révision, malheureusement, ne répond toujours pas aux principaux risques: terrorisme, cyberguerre, criminalité transfrontalière, catastrophes naturelles et technologiques, pandémies, perte de cohésion nationale, diminutions ultérieures de l'indépendance énergétique et de la souveraineté alimentaire, gestion des flux migratoires et j'en passe.

L'armée se prépare toujours à une guerre qui n'aura pas lieu, elle ne tient pas assez compte de l'évolution de la situation. Certes, certaines des propositions faites dans le cadre de cette réforme vont dans le bon sens, à l'image de la structure facilitant l'amélioration de la collaboration avec les autorités civiles, de la possibilité de mobiliser rapidement des troupes bien équipées ou de la réduction du nombre de militaires. Mais les problèmes de fond ne sont pas abordés et la profonde réforme nécessaire n'est toujours pas proposée. La révision ne prévoit ni réaffectation des dépenses, ni une meilleure allocation des ressources. Ainsi, la structure proposée justifiera toujours le gaspillage de milliards de francs, ces prochaines années, pour préparer une guerre qui n'aura jamais lieu, et n'améliorera pas notre capacité à affronter les problèmes et les risques d'aujourd'hui.

Rien que ces derniers jours, nous avons eu plusieurs exemples qui montrent qu'aussi bien le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports que notre Parlement, hélas, ne sont pas prêts à faire les pas nécessaires. Je vous donne quelques exemples: Monsieur von Graffenried a proposé, dans sa motion 13.3905, "Remplacement du service militaire par une obligation générale de servir", d'étudier la possibilité de réformer profondément la structure de notre armée pour qu'il n'y ait pas seulement une petite minorité d'hommes, suisses, qui en fassent partie, mais pour qu'elle soit aussi ouverte aux femmes, aux étrangers établis et que la possibilité d'effectuer un service pour le pays prenne différentes formes. Cette proposition était vraiment de nature à renforcer la cohésion nationale, mais elle a été rejetée. Très peu de membres de ce conseil l'ont soutenue et elle a été combattue aussi bien par la gauche que par la droite.

Je citerai un autre exemple, celui d'un outil au service de la promotion de la paix: un avion de transport. Cette proposition a été combattue par la droite et torpillée par le chef du département, qui a aussitôt dit que cela pourrait aussi servir pour le transport de réfugiés. Du même coup, la gauche a aussi rejeté cette proposition d'acquérir un outil supplémentaire pour la promotion de la paix.

Je mentionnerai un autre exemple encore, significatif, celui de l'achat de drones. Les drones arrivent en bout de course. Que va-t-on faire? On nous propose d'en acheter de nouveaux, en nous disant qu'on va prendre les meilleurs! Mais si on examine l'utilisation qu'on en fait, force est de constater qu'il n'y aura pas ces prochaines années - et même ces prochaines décennies - de conflits armés traditionnels, dans lesquels on doit reconnaître les troupes ennemies. Par contre, les gardes-frontière utilisent des drones pour surveiller les frontières; la protection civile doit pouvoir utiliser des drones en cas de catastrophe naturelle; il peut même être utile pour les forces de police, en cas d'attaque terroriste, de recourir à l'usage de drones. Mais cela nécessite de plus petits drones, utilisables rapidement, par ces différents corps, et pas une dépense de 250 millions de francs, simplement pour remplacer les drones actuels.

Il en va ainsi par rapport à cette proposition. On n'aborde malheureusement pas les problèmes de fond. C'est pourquoi le groupe des Verts n'entrera pas en matière, et il vous propose d'en faire autant.