Hêche Claude · Ständerat · 2015-06-01
Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-06-01
Wortprotokoll
En ce début de session, nous rappelons la mémoire de deux anciens présidents du Conseil national, Alfred Weber et Elisabeth Blunschy.
L'ancien président du Conseil national uranais Alfred Weber nous a quittés le 26 mars dernier à l'âge de 91 ans. Il avait été élu à la Chambre du peuple en 1963, sous la bannière radicale-démocratique, et il a siégé au Conseil national jusqu'en 1979, soit durant quatre législatures.
Ce docteur en droit, avocat et notaire à Altdorf, avait entamé sa carrière politique à l'âge de 29 ans déjà, au sein du gouvernement de son canton. Il y a oeuvré de 1958 à 1976. En tant que membre du Conseil national, il a participé aux travaux de plus de 70 commissions ad hoc et de plusieurs commissions permanentes dont celles des finances, des affaires militaires et du commerce extérieur. Dynamique et libéral, Alfred Weber était d'une stature politique hors du commun et il a marqué son époque. Au sein du groupe radical-démocratique, qu'il a présidé durant quatre ans, il était très écouté et reconnu pour ses compétences, en particulier dans les domaines du droit public et de la politique économique et financière.
Lorsque Alfred Weber a accédé à la présidence du Conseil national en 1970, il était le premier Uranais à exercer cette fonction - et le seul jusqu'à aujourd'hui. Il a plaidé pour réformer le Parlement et renforcer ses services. C'était un excellent président, qui alliait loyauté et volonté politique, hauteur de vues et humour, dira de lui son successeur William Vontobel. Alfred Weber était un chaud partisan du système de concordance. Dans une interview à la presse, il avait déclaré que le secret de la démocratie suisse était de briser le pouvoir où qu'il se manifeste. "Notre aptitude au compromis et à l'intégration sont ancrés dans notre Constitution", affirmait-il.
De 1976 à 1981, il fut à la tête de l'Organisation des Suisses de l'étranger puis à celle du Touring Club Suisse de 1981 à 1986. Il se ressourçait dans la nature et sa passion pour la chasse se réveillait naturellement chaque automne.
Alfred Weber restera dans notre souvenir comme une figure forte, intègre et aimée de la politique suisse. Au nom du Conseil des Etats, j'exprime mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.
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Elisabeth Blunschy, qui fut la première femme à avoir présidé le Conseil national, est décédée le 1er mai, à l'âge de 92 ans.
Elisabeth Blunschy naît à Schwytz en juillet 1922. Elle grandit à Lausanne et à Fribourg, villes dans lesquelles elle fait ses études et obtient son diplôme de droit. Elle est la première femme à obtenir un brevet d'avocat dans le canton de Schwytz. Parallèlement à son travail dans des associations de femmes et des organisations culturelles et religieuses, elle siège dans diverses commissions d'experts de la Confédération.
Fille d'un juge fédéral, Elisabeth Blunschy s'intéresse très tôt à la politique. Elle s'engage fortement pour le droit de vote des femmes. En 1971, un an après l'introduction du suffrage féminin dans le canton de Schwytz, les femmes obtiennent le droit de vote et d'éligibilité à l'échelle nationale. Membre du mouvement chrétien-social, elle est la première Schwytzoise à accéder au Conseil national. Elle y siège jusqu'en 1987 au sein du groupe PDC. Conseillère nationale de la première heure, Elisabeth Blunschy est très active au sein de la Commission de gestion et préside de nombreuses commissions ad hoc. Elle se consacre à la politique familiale, à la santé, à la coopération au développement et à la politique d'asile; elle est également l'une des premières à reconnaître l'importance des questions environnementales.
En 1977, elle est élue à la présidence du Conseil national. Il s'agit non seulement d'une consécration personnelle, mais encore d'une étape essentielle dans l'engagement politique des femmes: pour la première fois, le "premier citoyen de Suisse" est une femme.
En marge de son activité parlementaire, Elisabeth Blunschy a été membre de Caritas, association qu'elle a présidée de 1977 à 1987. Cette année-là, elle met un terme à sa carrière politique et se retire de la vie publique. En 2010, elle publie ses mémoires sous le titre "Une vie pour davantage d'équité sociale" ("Ein Leben für mehr soziale Gerechtigkeit"). Elle y retrace le chemin que les pionnières de la justice sociale ont parcouru en faveur du suffrage féminin; elle y relate sa conception de la vie politique, qu'elle a toujours su concilier avec sa vie privée. Ainsi, elle écrit: "D'un côté, j'aime les lois clairement formulées qui ordonnent et structurent notre vie; de l'autre, j'affectionne la fantaisie et la beauté d'un jardin en fleurs."
Au nom du Conseil des Etats, je présente mes sincères condoléances à la famille d'Elisabeth Blunschy.
Nous garderons un souvenir ému de ces deux présidents.
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Der Rat erhebt sich zu Ehren der Verstorbenen
L'assistance se lève pour honorer la mémoire des défunts