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Bugnon André · Nationalrat · 2012-09-26

Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-09-26

Wortprotokoll

A l'article 1 du projet 2, la minorité Hausammann propose d'allouer un montant de 798 millions de francs pour les mesures destinées à améliorer les bases de production et les mesures sociales. Une répartition entre les crédits d'investissement et les contributions aux améliorations structurelles est également proposée. Il est important de soutenir cette minorité, car ces moyens mis à disposition sont absolument indispensables pour permettre aux familles paysannes de mettre en place les adaptations nécessaires sur le plan structurel. En effet, ces montants permettent de stimuler la capacité d'innovation de l'agriculture suisse ainsi que la mise en oeuvre des projets de développement régionaux. Si nous voulons que le monde paysan puisse atteindre les objectifs qui lui sont demandés, il est impératif de mettre les moyens financiers nécessaires à disposition, sinon, tout le monde sera déçu en fin d'exercice.

Pour répondre en partie à la question qui a été posée par Madame John-Calame concernant les revenus: d'après les derniers rapports de l'Union suisse des paysans, le revenu moyen dans l'agriculture, y compris les paiements directs, est de 3120 francs par mois. A raison de 60 heures par semaine, cela fait 13,80 francs de l'heure! Tout cela pourquoi? Parce que le paysan suisse, à cause du coût des intrants, à cause des coûts de la main-d'oeuvre, des produits de base, n'arrive pas à produire au prix auquel produit le paysan d'Afrique du Sud ou d'Amérique du Sud. Alors il faut bien trouver des compensations si l'on veut maintenir une agriculture qui permette aux paysans de vivre. En effet qui, aujourd'hui, vit avec 13,80 francs de l'heure? Personne dans cette salle, j'en suis convaincu. Alors s'il vous plaît, donnons quand même un peu de moyens à l'agriculture pour continuer à faire ce que le programme fédéral lui demande de faire.

La proposition de la minorité Bertschy à l'alinéa 3 est très dangereuse pour l'agriculture suisse. En effet, elle remet en cause la fonction de production de celle-ci, fonction qui a été jugée comme totalement nécessaire par Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann dans le cadre du débat d'entrée en matière.

En effet, en remettant en cause la fonction de production, on ne réduit pas seulement le paysan en fonctionnaire chargé de l'entretien du territoire. La perte de motivation et de savoir-faire aurait aussi pour conséquence que l'agriculture ne pourrait plus parer à des manques d'approvisionnement, en cas de difficultés d'approvisionnement, de problèmes climatiques ou de fortes fluctuations des prix des produits agricoles sur le plan mondial.

Par exemple, dans le domaine militaire, si on ne maintient pas la capacité de monter en puissance de l'armée en période de paix, il faut quinze ans pour effectuer la montée en puissance, pour des questions de matériel, d'équipement et de savoir-faire. La même comparaison peut être faite en matière de fourniture de denrées alimentaires: si nous ne sommes pas prêts dès le premier jour lorsque des besoins apparaissent, la population risque bien de souffrir de la faim par manque de marchandises alimentaires.

D'autre part, la proposition de la minorité Bertschy provoquerait à terme une diminution du taux d'autoapprovisionnement en Suisse ainsi qu'une augmentation du prix des produits indigènes.