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Comte Raphaël · Ständerat · 2015-11-30

Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2015-11-30

Wortprotokoll

Mesdames et Messieurs les conseillers aux Etats, chers collègues, permettez-moi de vous remercier toutes et tous pour la confiance que vous me témoignez en m'élisant à la présidence du Conseil des Etats. Certes, les mauvaises langues - et il y en a - diront qu'il s'agit d'un tournus automatique et que le suspense de l'élection se limite à connaître le nombre de voix qu'obtiendra le nouveau président. C'est en partie vrai, mais cela n'enlève rien au plaisir que l'on peut ressentir de même qu'au sentiment de responsabilité qui nous envahit au moment d'endosser une telle fonction.

Mais avant toute chose, il convient ici d'adresser de vifs remerciements au président sortant, Monsieur Claude Hêche, qui achève une année présidentielle menée de main de maître. Claude Hêche est le premier Jurassien à avoir accédé à la présidence de l'une des Chambres fédérales. Trente-cinq années: c'est le temps qu'aura mis notre Parlement pour confier une haute responsabilité fédérale à un représentant du dernier-né des cantons suisses, parfois présenté comme un "enfant terrible". Quand je parle d'"enfant terrible", je parle naturellement du canton du Jura, et pas de Claude Hêche (Hilarité) qui est - nous le savons tous - la sagesse incarnée!

Claude Hêche portait donc évidemment, comme président, une responsabilité à titre personnel, mais ce sont également les espoirs de tout un peuple qui pesaient sur ses épaules. Force est de constater que l'examen de passage est parfaitement réussi. C'est un sans-faute! Claude Hêche ouvre ainsi la voie à une cohorte de Jurassiens qui, dans les prochaines années et décennies, seront amenés à exercer les plus hautes fonctions de notre pays. [PAGE 1096]

Cher Claude, dans ton discours suivant ton élection à la présidence de notre conseil, le 24 novembre 2014, tu disais: "La prochaine étape sera l'accession d'un Jurassien ou d'une Jurassienne au Conseil fédéral, mais je ne citerai aucune date, ni aucun nom!" (BO 2014 E 991)

Au vu de la configuration politique et des candidatures déjà déposées, il y a fort à parier que tu ne seras pas élu conseiller fédéral le 9 décembre prochain. Et c'est tant mieux, car nous souhaitons te garder parmi nous, et nous avons trop d'amitié pour toi pour te souhaiter un destin de conseiller fédéral, cette fonction relevant plus du sacerdoce que de la partie de plaisir!

Cher Claude, tu vas désormais rentrer dans le rang, avec sans doute un petit pincement au coeur: la fonction présidentielle est passionnante, et une année, cela passe extrêmement vite - je risque d'en faire également l'expérience! Mais nous ne doutons pas que tu sauras continuer à assumer ton mandat de sénateur avec passion et que ton retour dans l'hémicycle se fera en douceur. Merci donc, cher Claude, pour ton immense travail et ta présidence à la fois sérieuse et teintée d'humour! (Applaudissements)

Cette élection est naturellement un immense honneur à titre personnel, mais à travers moi, c'est avant tout mon canton que je souhaite mettre en avant.

Je tiens ici à saluer la présence à la tribune du Conseil d'Etat de la République et Canton de Neuchâtel et du Conseil communal de Corcelles-Cormondrèche, ma commune de domicile depuis 36 ans, soit, si je suis bien informé, peu ou prou mon âge!

Mon canton et ma commune ont constitué les terreaux fertiles dans lesquels j'ai pu faire mes premières armes politiques, et la politique à chaque échelon constitue une excellente école.

Eine politische Laufbahn hängt von verschiedenen Faktoren ab. Die einen können wir selber bestimmen - so etwa Fleiss, Ausdauer, Demut und unsere politische Vision. Andere sind fremdbestimmt und lassen sich nicht beeinflussen.

Es hätte gut sein können, dass ich nie Ständerat geworden wäre - und unserem Land ginge es heute wahrscheinlich gar nicht einmal schlechter! Aber das Schicksal wollte es anders. So konnte sich der Kanton Neuenburg im Jahre 2009 über die Wahl eines Neuenburgers in den Bundesrat freuen. Didier Burkhalter machte daraufhin seinen gut eingesessenen Sitz im Ständerat frei, was wiederum zur Folge hatte, dass ich als sein Nachfolger die Ehre habe, den Kanton Neuenburg im Ständerat mit Didier Berberat zu vertreten.

Mein Einzug ins Bundeshaus ist also einer glücklichen Fügung zu verdanken. Meinen Platz im Büro des Ständerates hingegen, dessen bin ich mir voll und ganz bewusst, durfte ich nur aufgrund eines tragischen Ereignisses einnehmen.

2013 war es, als Pankraz Freitag, damals Stimmenzähler unseres Rates, unerwartet von uns ging und eine grosse Lücke hinterliess. Wäre unser Kollege nicht viel zu früh aus dem Leben gerissen worden, wäre er es, der hier und heute als neuer Präsident vor Ihnen stünde. Ich möchte deshalb ganz besonders am heutigen Tag seiner gedenken. Pankraz Freitag wäre mit seinen menschlichen und fachlichen Qualitäten ein ausgezeichneter Ratspräsident gewesen. Ich hätte ihn gerne als Präsidenten gehabt, und das Einzige, was ich tun kann, ist, in diesem Amt sein Andenken hochzuhalten, indem ich versuche, es so gut zu machen, wie Pankraz es getan hätte.

Diese beiden Ereignisse - das glückliche und das traurige - zeigen uns, dass der Zufall und äussere Umstände manchmal eine entscheidende Rolle spielen und dass die Demut in der Politik eine Kardinaltugend ist. So oft wollen wir alles planen und alles im Griff haben, doch in Wahrheit liegt nur wenig in unserer eigenen Hand. Dies muss uns umso mehr vor Augen führen, wie gut es das Schicksal mit uns meint, dass wir jeden Tag von Neuem geniessen dürfen.

Les Neuchâtelois sont profondément républicains. C'est ainsi qu'ils ont cette furieuse tendance à vouloir couper toutes les têtes qui dépassent. La guillotine y est presque un instrument d'usage courant!

La dernière fois qu'un Neuchâtelois a été élu à la présidence du Conseil des Etats, c'était en 1953. On ne pourra donc pas dire que les Neuchâtelois courent après les honneurs. Mais il est vrai que le canton de Neuchâtel se caractérise plutôt par sa propension à assurer l'approvisionnement du pays en conseillers fédéraux: en effet, neuf Neuchâtelois ont assumé jusqu'à présent la fonction exécutive suprême. De quoi rendre jaloux certains de nos confédérés ...

Cette année, le canton de Neuchâtel fête le bicentenaire de son entrée dans la Confédération. L'attachement du canton de Neuchâtel à la Suisse est profond: il se manifeste même dans les armoiries du canton, qui arborent fièrement une croix helvétique.

Mais la Suisse semble également tenir au canton de Neuchâtel. C'est ainsi qu'en 1856, lors de l'"affaire de Neuchâtel", la Suisse n'a pas hésité une seconde à mobiliser son armée - 30 000 hommes! - le long du Rhin pour empêcher le roi de Prusse de reprendre le contrôle du canton de Neuchâtel et de remettre en cause l'indépendance de la jeune république. La Suisse a préféré la guerre contre la Prusse plutôt que de perdre Neuchâtel! Quelle magnifique preuve d'attachement et de solidarité confédérale!

In der neuen Legislatur werden wir allerhand Herausforderungen zu bewältigen haben: Aussenbeziehungen, Rentenreform, Energiestrategie, Unternehmensbesteuerung, Sicherheitspolitik, Konsolidierung des Bundeshaushaltes und vieles mehr. Bei all diesen Dossiers müssen Mehrheiten gefunden werden, damit unser Land vorankommen kann. Es besteht das Risiko, dass es zu Blockaden kommt; es liegt an uns, diese zu überwinden und das Interesse des Landes über parteipolitische Interessen zu stellen.

Die Politik ist kein Spiel: Mit unseren Entscheiden nehmen wir direkten Einfluss auf das Leben unserer Mitbürgerinnen und Mitbürger. Das Volk erwartet von uns, dass wir lösungs- und nicht problemorientiert sind und dass wir uns nicht in kleinlichem Gezänk verlieren.

Der Ständerat als Chambre de Réflexion wird da eine zentrale Rolle spielen. In unserer Kammer herrscht eine Kultur des Dialogs und des Zuhörens, man ist um Lösungen und Kompromisse bemüht. Diese Eigenschaften werden oft angeprangert und verspottet oder aber als altmodisch abgetan. Aber im Grunde sind es typisch schweizerische Werte, die es zu hegen und zu pflegen gilt, denn dank ihnen ist unser Land geeint und kann in Frieden leben.

In unserem Rat sollten die Parteien im Vorzimmer bleiben. Die einzige Partei, die im Ratssaal willkommen ist, ist diejenige, die dem Allgemeinwohl dient! Jedes der 46 Ratsmitglieder entscheidet unabhängig, nach bestem Wissen und Gewissen und für sich allein; jedes ist einzig seinen Wählerinnen und Wählern Rechenschaft schuldig.

Ich hoffe, dass es jeder und jedem in diesem Saal ein Anliegen ist, die Identität unseres Rates und seine für unser Land so wichtige politische Kultur zu wahren. Jene, die schon seit mehreren Jahren hier sind, brauchen nicht mehr überzeugt zu werden. Die neuen unter Ihnen werden die Gedankenfreiheit, die hier herrscht, zweifellos zu schätzen wissen, und sie werden sehr bald selbst Garanten für die Besonderheiten unserer Kammer sein. Jene neuen Mitglieder, die aus dem Nationalrat kommen, brauchen sich nicht zu sorgen - sie werden hier sehr schnell ihre alten, um nicht zu sagen "schlechten" Gewohnheiten ablegen! (Heiterkeit)

Quando viene eletto, ogni presidente definisce il tema sul quale desidera mettere l'accento durante il suo anno di presidenza. Per i prossimi dodici mesi ho deciso di porre la mia presidenza sotto la duplice insegna della cultura e dell'apertura.

La Svizzera è unica al mondo: riunisce in maniera pacifica varie culture, varie lingue, varie religioni. La diversità culturale del nostro Paese è eccezionale. Ogni cantone ha tradizioni differenti, eppure sentiamo di appartenere pienamente a una comunità con un medesimo destino. La Svizzera non è solamente una "Willensnation". È una [PAGE 1097] nazione che nei secoli ha saputo sviluppare una cultura propria senza per questo rinnegare quelle delle sue singole regioni. Ha saputo quindi aggiungere piuttosto che togliere.

Ina da las basas da la cultura svizra è il respect da las minoritads. Mai n'ha noss pajais tolerà ch'ils pli ferms mettian a chantun ils pli flaivels. Anzi, la Svizra ha adina mussà sia attaschadadad a tut sias minoritads cun dar ad ellas dretgs e las proteger a moda particulara. En spezial vala quai en il sectur da las linguas. Era sch'ins è mintgatant tentà d'emblidar l'impurtanza da las autras linguas naziunalas, èn nossas differentas cuminanzas linguisticas renconuschidas sin plaun federal; er ils chantuns garanteschan la coesiun naziunala cun instruir las linguas. Las linguas n'èn betg simpels vecturs da communicaziun: ellas èn ina part da nossa identitad, da nossa cultura, da nossa moda da pensar. Lur mantegniment è perquai essenzial.

Dans les gènes culturels de la Suisse, l'ouverture est toujours présente. La Suisse, longtemps terre d'émigration et aujourd'hui terre d'immigration, n'est pas une île au milieu du monde: elle a vocation à participer pleinement au concert des nations et à y apporter un message de paix et d'humanité. Plus que jamais, notre pays a un rôle unique à jouer: par sa politique de neutralité et de bons offices, la Suisse peut apporter sa pierre à la résolution des conflits qui résonnent à nos portes et qui, tôt ou tard, finissent également par nous toucher.

Face à la barbarie des temps présents, la Suisse peut être utile au monde, si elle accepte de s'en donner les moyens. La défense des droits humains, de la démocratie et de l'Etat de droit doit être la pierre angulaire de notre politique étrangère. Et notre tradition humanitaire est le meilleur garant de nos bonnes intentions: jamais la Suisse n'a cherché à imposer à qui que ce soit sa manière de voir le monde. Nation pacifique, elle s'emploie à créer des ponts là où des fossés se sont creusés et à ramener le dialogue là où la discorde s'est installée.

En conclusion, je vous réitère, chers collègues, mes plus vifs remerciements pour la confiance que vous me témoignez: je me réjouis de présider aux débats de notre conseil, et j'espère que ce plaisir sera partagé. S'il ne l'est pas, vous pourrez vous consoler en vous rappelant qu'un nouveau président sera nommé dans une année et que votre pensum est donc limité dans le temps!

Si je suis naturellement heureux, à titre personnel, d'accéder au fauteuil présidentiel, je n'en reste pas moins convaincu que ce qui fait la force de notre pays, ce sont avant tout ses institutions, et non les hommes qui les composent. Car si les hommes passent, les institutions, elles, demeurent. Et si nous avons les mêmes institutions depuis 1848, ce n'est sans doute pas un hasard. C'est donc en tant que serviteur de nos institutions que je souhaite assumer la mission que vous m'avez confiée.

Et s'il est de tradition, dans mon canton, de terminer un discours par un "Vive la République!", permettez-moi, dans cette salle symbolisant le fédéralisme, d'achever mon propos en vous disant: Vive la Suisse! Vivent les cantons! Et vivent nos institutions! (Applaudissements)

Pour vous remettre de cette longue tirade - je crois que c'est ma plus longue intervention dans ce conseil -, nous allons écouter un intermède musical interprété par l'ensemble "La Stravaganza". Il s'agit d'une création de Steve Muriset composée pour l'occasion - nous serons donc les premiers à l'entendre -, un "Pot-pourri sur des thèmes suisses". Vous reconnaîtrez donc sans doute un certain nombre de thèmes musicaux.

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