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Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2015-12-01

Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2015-12-01

Wortprotokoll

Je commencerai par un proverbe amérindien qui disait: "Lorsque l'homme aura tué le dernier animal, abattu le dernier arbre, pollué la dernière rivière, pêché le dernier poisson, alors seulement il se rendra compte qu'il ne peut pas manger l'argent."

Les Universités de Yale et de Columbia ont développé un indice de performance environnementale pour évaluer le résultat des politiques de protection de l'environnement. Cet indice synthétise 16 critères: les énergies renouvelables, les émissions de CO2, le niveau technologique de l'agriculture, le taux d'ozone dans l'air, etc. Le grand gagnant de ce classement, c'est la Suisse.

Que signifie ce résultat, Monsieur Wasserfallen? Que l'on peut très bien allier écologie et économie, contrairement à ce que vous affirmez. En effet, notre pays a une économie florissante que beaucoup de pays nous envient. Pourtant, on a aussi réussi à mettre en place des actions environnementales, grâce à certains partis politiques et à la population qui a mis une certaine pression sur les élus. Aujourd'hui, ces mesures sont devenues un exemple au niveau mondial. En fait, la Suisse est un pays vert'libéral!

L'initiative "Economie verte" veut simplement prolonger cette situation de fait. Il n'y a rien de révolutionnaire dans cette initiative, en tous les cas rien qui péjorerait notre économie, bien au contraire.

Lorsqu'il est demandé à la Confédération d'encourager la recherche et l'innovation, cela va directement profiter à l'économie. Même Economiesuisse le dit, puisque dans son argumentaire que l'on vient de recevoir concernant les coupes budgétaires planifiées, elle dit: "Les coupes dans le domaine de la recherche et de la formation pèsent davantage sur la prospérité économique que celles réalisées dans d'autres domaines."

Lorsque l'on parle de taxes d'incitation, elles existent déjà, par exemple la taxe anticipée de recyclage. Chaque consommateur paie quelques centimes sur une bouteille de PET à l'achat, et cet argent va servir au recyclage de cette même bouteille. Cela permet de soulager les finances publiques et d'appliquer le principe très libéral du pollueur-payeur.

Enfin, la fermeture des cycles de vie des matériaux, ce n'est rien d'autre que sécuriser l'approvisionnement pour nos entreprises. Prenons le cas des terres rares, utilisées dans de nombreux appareils électroniques. Il en existe trois gros gisements à travers le monde: en Chine, en Australie et en Californie. Le problème est qu'en 1985, la Chine a cassé les prix et a forcé du coup la Californie et l'Australie à fermer leurs mines. Le résultat est qu'aujourd'hui la production mondiale des terres rares est à plus de 90 pour cent chinoise. Nous avons des gisements de terres rares incroyables dans nos déchets, mais une fois triés, ces derniers retournent en Chine pour être recyclés. Pourquoi ne pas le faire en Suisse? Pour des raisons géopolitiques?

Nous ne pouvons pas constamment prendre les éléments dans le sous-sol de la terre, cette stratégie aura tôt ou tard une fin. Organiser la réutilisation des matériaux va créer une nouvelle activité économique dans notre pays et permettre de sécuriser l'approvisionnement de certains composants pour nos entreprises.

Cette initiative aurait dû être déposée par le PLR et non par les Verts; il est dommage que le parti qui dit défendre l'économie ne le fasse pas réellement.

En ce qui concerne les Vert'libéraux, nous serons fidèles à notre réputation de parti qui défend le mieux l'économie au Parlement et nous soutiendrons cette initiative.