Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2015-12-02
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-12-02
Wortprotokoll
A l'article 151 alinéa 4, je vous propose de fixer le premier plafond de dépenses de l'armée à 17,6 milliards de francs pour quatre ans, soit à 4,4 milliards de francs par an. C'est, en fait, la proposition initiale du Conseil fédéral, une proposition logique eu égard à l'état des finances de la Confédération.
En effet, la situation paraît compliquée dans ce domaine, et on nous promet une cure d'austérité. Les effets du franc fort sur l'économie, la réforme de l'imposition des entreprises III qui est annoncée et des besoins augmentés dans de nombreux secteurs creusent un trou dans les finances. A l'évidence, les moyens pourraient manquer à court terme. Nous risquons de ne pas être en mesure de respecter les contraintes du frein à l'endettement.
Malgré les premières dispositions déjà proposées, de nouvelles mesures sont annoncées. Elles vont toucher notamment l'agriculture, la formation et la recherche, la coopération internationale, le personnel de la Confédération, les [PAGE 1992] douanes et les infrastructures. Dans le même temps, on nous propose ce jour d'augmenter le budget de l'armée.
Comme précisé dans le débat précédent, les défis sécuritaires qui menacent la Suisse, en particulier le terrorisme, concernent avant tout la sécurité intérieure. L'armée n'est pas le meilleur instrument pour répondre aux questions de sécurité intérieure. C'est en priorité le rôle de la police ou des gardes-frontière. C'est en particulier dans ces domaines qu'il nous faut investir. Nous restons persuadés que 80 000 hommes et une dotation financière de 4,4 milliards de francs par an sont adéquats.
Par ailleurs, chaque franc investi dans la coopération internationale et la promotion de la paix contribue, goutte d'eau après goutte d'eau, à apaiser les tensions et les drames du monde qui nous entoure et ainsi crée les conditions d'un monde plus serein et moins menaçant pour notre sécurité.
Les efforts réalisés pour résoudre les questions climatiques entrent dans le même cadre. Des pays en guerre, des dérèglements climatiques qui meurtrissent et appauvrissent encore les plus pauvres peuvent se traduire chez nous par des afflux de réfugiés et par l'augmentation des risques d'actes terroristes, la violence s'exprimant aujourd'hui toujours plus par l'intermédiaire de guerres asymétriques.
Je vous enjoins à faire le bon choix financier, à investir là où il faut. Merci de suivre ma proposition d'un plafond de dépenses à 17,6 milliards de francs pour quatre ans, et de ne pas réduire, lors de prochains débats, les sommes allouées, par exemple, au Corps des gardes-frontière.