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Levrat Christian · Ständerat · 2015-12-14

Levrat Christian · Ständerat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-12-14

Wortprotokoll

Vous le savez, j'ai jusqu'à présent pratiquement toujours soutenu les positions des paysans en matière de paiements directs, et n'ai jamais véritablement compris pourquoi on réduisait les moyens accordés à ces paiements directs qui ont un effet direct sur le revenu des personnes concernées. Ceci dit, deux choses doivent être rappelées.

Premièrement, ainsi que l'a exposé avec précision Madame la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf la dernière fois, en termes réels et en comparaison de ce qui était prévu dans la Politique agricole 2014-2017, nous constatons une réduction de 0,2 pour cent du montant dévolu aux paiements directs. Or il serait un peu facile de considérer que les difficultés actuelles de la paysannerie ont toutes pour cause cette diminution de 0,2 pour cent.

Deuxièmement, comme je suis, en tant que conseiller aux Etats fribourgeois, évidemment proche des paysans, j'ai reçu ce matin encore - pour répondre à Monsieur Hösli - une réaction directe de l'un d'entre eux. Cette personne dit comprendre ma position et reconnaît qu'il est assez irresponsable d'augmenter les paiements directs d'un côté et d'économiser 125 millions d'un autre côté, cette mesure touchant des dizaines de milliers de personnes et compliquant massivement le travail de l'administration. La personne en question ajoute espérer que nous trouverons finalement une solution pour augmenter les paiements directs et faire en sorte que les coupes transversales n'aient pas lieu. Il s'agit ici également d'une voix qui provient de l'agriculture, et elle me paraît être, en l'espèce, la voix de la raison.

Il ne s'agit pas, dans ce dossier, d'invoquer des motifs tactiques, mais des motifs de politique fiscale. La question consiste à savoir comment procéder à des programmes d'économies. Convient-il de le faire de manière ordonnée, en laissant le département faire son travail et en examinant ensuite de notre côté les coupes qui sont proposées? Ou convient-il de le faire à la hussarde, de manière désordonnée, au dernier moment, en coupant, à quinze jours de la fin de l'année, 125 millions dans le budget de la Confédération? Aujourd'hui, si nous ne nous défendons pas, le risque - Monsieur Eberle l'a dit correctement -, c'est que le Conseil national impose cette coupe et que nous ayons finalement tout perdu. [PAGE 1254]

Ce que je vous propose dès lors, c'est que nous maintenions l'équilibre que nous avons établi dans ce budget afin de faire en sorte que nous puissions nous montrer souples, en Conférence de conciliation, sur la question relative à la politique agricole.

Comme l'ont dit Messieurs Lombardi et Fournier lors du dernier débat, je fais partie de ceux qui resteront souples sur ces positions. Mais, d'un autre côté, nous devons être très stricts par rapport à la coupe transversale, parce que nous ne pouvons pas mener une politique budgétaire à grands coups de coupes transversales.

Un tiers des membres de ce conseil ont été actifs dans les cantons comme conseillers d'Etat; certains ont été en charge des finances. Vous n'auriez pas apprécié que la politique soit menée à grands coups de coupes transversales et par le diktat d'une chambre sur l'autre.