Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-03-06
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-03-06
Wortprotokoll
Cette interpellation a été déposée, comme l'a dit M. Strahm, il y a deux ans. A l'époque, on avait le sentiment qu'on allait vers une catastrophe du fait du manque d'informaticiens. Nous avions été très restrictifs dans notre réponse en disant qu'il fallait prendre garde de ne pas anticiper sur la base d'une expérience très courte et risquer de créer de nombreux chômeurs en forçant un rythme que l'économie doit découvrir elle-même.
Dans la pratique, on constate - et ce n'est pas une réponse à M. Strahm, c'est dire les faits - que le nombre des apprentis informaticiens a augmenté de manière considérable. En 1999, 1280 nouveaux contrats d'apprentissage ont été passés; en 2001, il y en a eu 2650, c'est-à-dire que le nombre de jeunes qui ont commencé un apprentissage d'informaticien a plus que doublé. Mais l'informatique est une partie des nouvelles technologies. Si on prend l'ensemble des métiers des technologies de l'information et de la communication, on constate qu'en 2000, il y avait 6400 nouveaux contrats d'apprentissage. Une année plus tard, en 2001, il y en avait 7000. Si l'on prend, pour l'ensemble de ces professions, la totalité des jeunes en formation en 2000 il y avait, pour les quatre années d'apprentissage, 18 300 jeunes sous contrat dans les professions des technologies de l'information et de la communication et, l'an passé, il y en avait 21 000, c'est-à-dire presque 3000 de plus. C'est dire que le marché a provoqué un appel et les jeunes répondent en nombre à cet appel et se préparent à ces métiers qui sont des métiers d'avenir.
Je partage entièrement l'avis de M. Strahm. Il ne faut pas regarder seulement les professions qui sont définies comme "professions des technologies de l'information et de la communication". La "new economy", d'une certaine manière, est en train d'irriguer l'ensemble de l'économie et je crois que les entreprises qui sont conscientes des enjeux du futur, qui veulent survivre, le savent et mettent des moyens à disposition pour que leur personnel suive.
Plus problématique est la réponse à la question que M. Strahm a posée, à savoir dans quelle mesure la Confédération elle-même - on en a parlé à plusieurs reprises en commission - doit prendre l'initiative de certifier les différentes formations. Dire que c'est très simple, ce n'est certainement pas le cas. Probablement que l'arrêté de départ est relativement simple; il faut définir des normes minimums. Mais après, il faut le contrôler, il faut systématiquement garantir que ces normes sont respectées si l'on veut certifier les formations issues de telle ou telle entreprise.
Je crois que, un petit peu comme dans le secteur des écoles hôtelières où, de la même manière, on est régulièrement appelé à certifier les écoles hôtelières, mais on ne peut pas le faire parce qu'il y a la liberté du [PAGE 117] commerce et de l'industrie, ici aussi on ne peut pas exiger de l'Etat qu'il donne des certificats, parce que personne n'est obligé de demander à l'Etat d'être contrôlé. Personne, puisqu'il y a la liberté du commerce et de l'industrie, ne peut se voir interdire d'offrir une formation dans un domaine de l'informatique ou des technologies de la communication.
Par contre, c'est vrai, on pourrait dire que ceux qui le veulent peuvent se faire certifier par la Confédération. A mon sens, ce n'est pas une solution qui apportera la clarté voulue. La règle, surtout en matière de formation permanente et de formation d'adultes, c'est que seules l'expérience et la période d'essai permettent à un patron de vérifier si la formation a été bonne. Croyez-moi, les gens qui se soumettent à une formation, lorsqu'ils ont un certain âge et qu'ils veulent réellement obtenir une formation de qualité qui leur permette d'accéder à une nouvelle profession et à de nouvelles perspectives professionnelles, s'informent et savent très bien quelles sont les bonnes écoles. Mais une école qui a été bonne pendant deux ans peut être une école qui a perdu ses professeurs et qui, la troisième ou la quatrième année, devient moins bonne. Je suis très sceptique quant à l'efficacité d'un système de certification qui serait simple et n'entraînerait pas la constitution d'une bureaucratie qui devrait chaque année contrôler, et qui finirait par transférer à l'Etat la responsabilité de la formation elle-même.