de la Reussille Denis · Nationalrat · 2016-03-01
de la Reussille Denis · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2016-03-01
Wortprotokoll
Le groupe des Verts considère que le rapport de politique extérieure 2015 du Conseil fédéral présente une bonne vue d'ensemble de la politique extérieure de notre pays et expose de manière précise les principales activités menées en Suisse au cours de l'année 2015. Ce rapport est même - on peut le dire - impressionnant par la densité des informations fournies ainsi que par l'ampleur des sujets traités.
La stratégie de politique extérieure repose sur quatre objectifs principaux: développement des relations avec les Etats voisins; développement des relations avec l'Union européenne; contribution à la stabilité dans le monde; partenariats stratégiques. Ces quatre principaux objectifs ont été, à nos yeux, correctement analysés, même si, évidemment, un certain nombre d'autres thèmes peuvent devenir prioritaires en fonction de l'actualité, que cela concerne les droits de l'homme ou le droit international humanitaire.
Le groupe des Verts prendra acte du rapport, qui - comme je l'ai dit - est de très bonne facture, mais nous souhaitons évoquer plus précisément l'engagement de notre pays dans certains conflits.
Tout d'abord, nous tenons à saluer le rôle tenu par la Suisse dans le cadre dramatique de la guerre civile en Syrie et dans les pays voisins, qui a abouti à une crise humanitaire de très grande ampleur. Dans ce contexte, nous pensons que notre pays pourrait encore plus s'impliquer dans la résolution du conflit, notamment en étant beaucoup plus exigeant vis-à-vis de certains acteurs du drame. Nous pensons en premier lieu au gouvernement islamo-conservateur turc et aux monarchies du Golfe persique, qui, depuis le début du conflit, jouent un jeu trouble en soutenant des mouvements extrémistes, tels que le groupe "Etat islamique", en limitant les droits démocratiques, par exemple, en Turquie, ceux des minorités ethniques, ou en muselant les quelques rares acteurs des médias qui sont restés indépendants du pouvoir.
Nous avons de très vives craintes de voir la crise humanitaire qui déplace des centaines de milliers de réfugiés sur les routes de l'Europe s'amplifier encore, notamment en provenance de l'est de la Turquie. En effet une répression sans retenue s'abat sur les Kurdes de cette région, et ceci dans l'indifférence quasi générale des gouvernements européens. Concernant la crise dans l'est de l'Ukraine, nous considérons que la diplomatie de notre pays a été un facteur déterminant de médiation et d'apaisement et espérons que cette politique se poursuive.
Un autre élément doit être pris en considération à nos yeux, il concerne évidemment les droits fondamentaux. Les violations des droits de l'homme à l'origine des souffrances des populations ne relèvent pas seulement de certains Etats et de situations de conflits armés. Elles sont aussi le fait de multinationales, dont certaines ont leur siège dans notre pays, actives notamment dans le négoce des matières premières, secteur à haut risque d'atteintes aux droits humains.
Le Conseil fédéral semble reconnaître cette réalité et ces risques, puisqu'il évoque dans son rapport certains secteurs sensibles, comme l'industrie extractive, le commerce de matières premières ou la sécurité privée, et aussi le fait que certaines entreprises multinationales déploient leurs activités dans des pays dirigés par des gouvernements faibles ou répressifs, ou dans des régions affectées par des conflits armés.
Mais le Conseil fédéral ne tire pas pour autant les conséquences de ce constat, en termes d'engagement passé ou à venir et évidemment le groupe des Verts le regrette.
Concernant la coopération internationale, notre pays a décidé en 2011 de porter son aide publique au développement à 0,5 pour cent du revenu national brut. Nous souhaitons vivement que l'objectif fixé par le rapport soit tenu, voire, soyons utopistes, augmenté. En effet, nous sommes convaincus que les moyens consacrés à la coopération internationale permettent justement d'éviter des crises humanitaires et des déplacements massifs de populations.
Vous l'aurez compris, le groupe des Verts prendra acte du rapport en réaffirmant qu'il l'a trouvé d'une très bonne tenue.