Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2016-03-17
Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2016-03-17
Wortprotokoll
Je vous demande, au nom du groupe des Verts, d'accorder votre soutien à cette initiative. Ce qu'elle demande relève du pur bon sens: il s'agit de stabiliser notre consommation de courant électrique au niveau de l'année 2011, un objectif plus que raisonnable si l'on considère que le potentiel d'économies d'électricité se monte à un tiers de notre consommation actuelle, à niveau de confort égal évidemment.
Nous ne parlons ici ni de renoncement, ni de retour à la bougie, mais du maintien des prestations offertes jusqu'ici, voire de leur amélioration, pour une consommation moindre de courant. Lorsque nous allumons une lampe électrique, c'est en effet le fait d'être éclairé correctement qui nous importe et non celui de consommer tant d'électricité. Or les évolutions technologiques permettent de satisfaire pleinement nos demandes tout en économisant de l'énergie. Comment justifier que nous continuions à gaspiller du courant dans de telles conditions? Des mesures sont nécessaires pour exploiter le gigantesque potentiel d'économies qui est à notre portée.
On doit ajouter au bon sens la nécessité, puisque le tournant énergétique ne pourra se faire sans efficacité électrique. Le courant des centrales nucléaires que nous devons fermer progressivement doit être remplacé. Or quoi de plus simple, de plus économique et de plus rationnel que de le faire en grande partie via des économies d'énergie? Le potentiel de l'efficacité électrique permettrait par exemple de renoncer à l'équivalent de la production de quatre à six centrales nucléaires du type de la centrale de Mühleberg, sans conflit avec le paysage ou la biodiversité, ni émissions de CO2.
Toute production électrique, même renouvelable, a un impact sur l'environnement, mais ce n'est pas le cas des économies d'énergie. Elles renforcent en outre notre autonomie ainsi que la sécurité de l'approvisionnement, tout en rendant le tournant énergétique financièrement plus abordable.
Il faut ajouter à cela qu'il est indispensable de prendre des mesures pour économiser de l'électricité là où cela est possible, puisque de nouveaux usages, comme la mobilité électrique ou les pompes à chaleur, vont susciter une croissance de la demande en électricité dans le cadre de l'émancipation des énergies fossiles. La sortie du nucléaire et la décarbonisation de notre économie ne doivent pas être renvoyées dos à dos. Au contraire, il est possible de concilier ces deux exigences, et les économies d'énergie sont un axe fondamental d'une telle politique.
L'initiative Efficacité électrique reste pertinente, même si la Stratégie énergétique 2050 comprend des améliorations du point de vue de l'efficacité électrique. La stratégie énergétique fixe effectivement des valeurs indicatives concernant les économies d'énergie, même si ces valeurs indicatives restent bien sûr modestes. Elles n'ont pas non plus le même poids qu'un objectif ancré dans la Constitution, qui montrerait la voie à suivre et exigerait des mesures ambitieuses pour l'atteindre. La situation actuelle montre précisément que cette incitation manque. La stratégie aurait pu, aurait dû aller beaucoup plus loin dans les mesures favorables aux économies d'électricité.
Il est en particulier regrettable que le Parlement ait renoncé au système de bonus-malus qui aurait permis d'associer les gestionnaires de réseau aux efforts d'économies d'énergie. En l'absence d'une telle mesure, la question se pose de savoir comment les valeurs indicatives - déjà minimalistes - fixées par la Stratégie énergétique 2050 pourront être atteintes.
C'est dès lors pour donner une ligne claire, permettant de faire cesser le gaspillage et de réaliser le tournant énergétique de manière économique et sûre, que les Verts vous demandent d'accorder votre soutien à l'initiative Efficacité électrique et de recommander au peuple et aux cantons d'en faire de même.