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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-03-13

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-03-13

Wortprotokoll

Vous vous êtes décerné un certificat de gentillesse. Je suis prêt à le confirmer et j'essaierai, dans ma réponse, d'avoir le même ton agréable pour aborder ce problème difficile. Vous avez cité le statisticien et conseiller fédéral Franscini, député du Tessin - et de Thurgovie, sauf erreur. Il avait réussi le grand écart.

Le problème des statistiques, dans ce domaine, c'est que la demande de travail est quelque chose qui est étroitement lié au niveau du salaire. Si le niveau des salaires baisse, la demande de travail augmente. Si vous vous trouviez dans un pays d'Afrique où la main-d'oeuvre est abondante et extrêmement bon marché, probablement que vous auriez un chauffeur, un majordome, un jardinier et peut-être une femme de chambre. C'est très bien ainsi parce que les salaires sont bas. Si, en Suisse, on acceptait de renoncer à un plancher non pas légal, mais moral de salaire, probablement qu'il se développerait une demande de main-d'oeuvre extrêmement bon marché qui proviendrait de toute une série de pays du monde.

Par conséquent, quand vous dites qu'il faut faire une statistique, qu'on peut faire une statistique par branche et par canton et qu'il faut aussi chercher à savoir quels sont les besoins précis, vous avez oublié une variable: à quel salaire? Parce que si vous demandez aux gens: "Avez-vous besoin de personnel dans tel secteur?", ils vous répondront: "Oui." Notamment dans les domaines du tourisme et de l'agriculture, les besoins ne sont pas illimités, mais en tous les cas extrêmement ouverts. Par contre, si vous dites à quelqu'un: "Avez-vous besoin d'un collaborateur que vous payez 3000 ou 3500 francs dans l'agriculture ou le tourisme?", je suis sûr que la demande est beaucoup plus faible. C'est un petit peu le drame de ce type de statistique. Au pire, vous dites: "J'ai besoin de quelqu'un, mais je ne promets pas d'engager une personne qui se présenterait à ce niveau." Dans l'agriculture, le problème, c'est le niveau de salaire et quand vous discutez avec les milieux agricoles, la réponse est tout à fait claire: "A un certain niveau de salaire, nous ne sommes pas d'accord d'engager des gens parce que ce n'est pas possible, on n'a pas les moyens de le faire." C'est un problème de niveau de salaire. Alors, faire une statistique sans fixer le salaire et sans avoir un engagement ferme de payer ce salaire, de la part de ceux qui disent avoir un besoin de main-d'oeuvre, ça me paraît être une statistique qui risque de ne pas correspondre à la réalité.

C'est pour ça que vous avez probablement raison de ne pas être satisfaite par gentillesse, mais nous ne pouvons pas, même en voulant être gentils, vous donner une réponse beaucoup plus satisfaisante.