Nordmann Roger · Nationalrat · 2016-04-25
Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-04-25
Wortprotokoll
Le programme de la législature n'est pas un exercice spectaculaire. Les mauvaises langues disent parfois qu'il ressemble à un horaire de chemin de fer dans lequel ne figureraient que des trains qui étaient déjà sur les rails.
Le groupe socialiste ne partage pas ce point de vue: en politique, il faut avoir des objectifs à long terme, et l'on ne saurait naviguer à vue. Il est important d'expliciter ces objectifs pour permettre le débat démocratique et clarifier les grandes orientations. Il est donc juste d'établir un programme de législature, et je remercie le Conseil fédéral de se prêter à l'exercice.
Toutefois, si le programme présente certaines impulsions politiques, nous avons surtout remarqué les lacunes, ce qui justifie la proposition de renvoi défendue pas la minorité Marti.
Si le projet du Conseil fédéral n'est pas spectaculaire, il en va en revanche tout différemment du projet issu des travaux de la commission spéciale de notre conseil. Manifestement, les discussions ont fonctionné comme un prisme qui permet de décomposer la lumière et d'y voir plus clair sur les intentions des uns et des autres. Pour cela, il faut juste un peu décrypter une certaine langue de bois. Précisément, c'est à l'article 2 mesure 4bis que se trouve le coeur du projet de la majorité droitière de ce conseil.
La majorité propose d'"élaborer un plan global de réexamen des tâches". En clair, il s'agit de baisser drastiquement les dépenses de la Confédération. Quel est l'impact concret de ce réexamen global des tâches? Cela signifie baisser l'offre de transports publics, faire des économies dans l'AVS, réduire les investissements dans la formation et la recherche scientifique, réduire l'aide aux ménages modestes, réduire l'aide pour le paiement des primes d'assurance-maladie, etc. Cela signifie raboter sur ce qui fait la force de la Suisse. Car la force de la Suisse, c'est investir dans l'avenir et ne laisser personne sur le bord du chemin.
Or il existe au Parlement une majorité dont le seul but est de baisser les impôts des entreprises et des personnes les plus aisées, au détriment de l'intérêt général. La semaine passée, la Commission de l'économie et des redevances de notre conseil a donné le coup d'envoi de ce festival de cadeaux fiscaux en décidant, en un quart d'heure, une baisse d'impôt de 4 milliards de francs.
Cette logique qui consiste à demander moins d'efforts aux plus privilégiés et à laisser se déliter la société suisse est une vue à court terme totalement inacceptable. Elle est non seulement injuste, mais également destructrice. Si notre pays ne se donne pas les moyens de former les ingénieurs et les médecins dont nous avons besoin, si notre pays abandonne les régions périphériques, si notre pays renonce à soutenir les plus faibles, en réalité il renonce à lui-même. C'est l'arrivée de l'anorexie dans le champ politique. Wird die Mehrheitsfassung effektiv umgesetzt, dann erkrankt die Schweiz, und zwar an politischer Magersucht. Konkret hiesse das, dass unser Land sich selber abbauen und sich letztlich selber aufgeben würde. Dazu wird die SP nie Hand bieten. [PAGE 586]
Ce programme n'est rien d'autre qu'un programme de déconstruction de la Suisse. Le groupe socialiste combattra avec énergie ces dérives, et il se verra parfois obligé de recourir au référendum pour y parvenir.