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Comte Raphaël · Ständerat · 2016-05-30

Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2016-05-30

Wortprotokoll

Nous devons malheureusement commencer cette session par trois éloges funèbres.

Rappelons tout d'abord la mémoire de l'ancien président du Conseil national Victor Ruffy, décédé le 19 mars dernier à l'âge de 79 ans. Victor Ruffy était issu d'une famille éminente de politiciens vaudois. Au XIXe siècle, son arrière-grand-père Victor Ruffy et son grand-père Eugène Ruffy avaient également présidé le Conseil national avant d'être élus au Conseil fédéral.

Victor Ruffy a représenté le Parti socialiste du canton de Vaud au sein du Conseil national de 1982 à 1999 après avoir activement participé à la vie politique de sa commune de Morrens et siégé au Grand Conseil vaudois. Titulaire d'un doctorat en géographie, il a travaillé au Service de l'aménagement du territoire du canton de Vaud, ainsi que comme chargé d'enseignement.

Au sein du Conseil national, Victor Ruffy a participé aux travaux de plus de 40 commissions ad hoc, ainsi que de la Commission de politique extérieure, qu'il a présidée. Il a également été membre de la Délégation parlementaire auprès du Conseil de l'Europe. Il a suivi avec grand intérêt les changements politiques survenus en Europe de l'Est à partir de la fin des années 1980. De mère slovène, il s'est engagé pour que la Suisse accompagne et soutienne activement le processus de démocratisation et le respect des droits de l'homme dans les nouveaux Etats d'Europe de l'Est. Outre la politique extérieure, la justice sociale et la protection de l'environnement lui tenaient également beaucoup à coeur.

Victor Ruffy a été élu brillamment au perchoir du Conseil national lors de la session d'hiver 1989. Son successeur Ulrich Bremi l'a décrit comme un arbre impressionnant dans la forêt parlementaire; un arbre aux profondes racines radicales, [PAGE 244] au tronc social-démocrate colossal et portant les fruits de la solidarité et du dévouement. Victor Ruffy a démontré qu'en politique on n'obtient des résultats que si l'on s'ouvre aux avis des autres.

Respecté et apprécié tant comme personne que comme homme politique, Victor Ruffy n'avait pas besoin de faire d'éclat pour être entendu. Il restait abordable et calme en toute circonstance. Ses convictions claires lui permettaient d'argumenter de manière pondérée, intelligente, et souvent avec une pointe d'humour. Il appréciait le dialogue et s'appliquait à trouver des solutions consensuelles lors des débats politiques. Son esprit curieux et cosmopolite le poussait à agir.

Après s'être retiré de la politique fédérale, Victor Ruffy a présidé un groupe d'observateurs électoraux du Conseil de l'Europe lors d'élections communales au Kosovo. Les Albanais de Suisse ont salué son engagement pour l'adhésion de l'Albanie au Conseil de l'Europe et son fort soutien à la diaspora albanaise en Suisse. En dehors de la politique, Victor Ruffy se consacrait à sa famille, aux promenades, à la lecture et à la cuisine.

Nous garderons de notre collègue le souvenir d'un homme et d'un politicien intègre, aimable et respecté. A sa famille, je présente les condoléances émues de l'Assemblée fédérale.

Nous rendons également hommage à l'ancien président du Conseil des Etats Jost Dillier, qui nous a quittés le 28 avril dernier, à l'âge de 94 ans.

Membre du PDC, Jost Dillier avait été élu en 1970 au Conseil des Etats par la Landsgemeinde d'Obwald. Il y a siégé jusqu'en 1982. Il avait exercé auparavant de nombreuses fonctions politiques dans son canton, dont celles de président de la commune de Sarnen et de député au Grand Conseil obwaldien. Docteur en droit, Jost Dillier dirigeait sa propre étude d'avocat et il a exercé de 1950 à 1985 la fonction de procureur suppléant du canton d'Obwald. Il a collaboré de nombreuses années au journal régional "Obwaldner Volksfreund".

Pendant son mandat de conseiller aux Etats, Jost Dillier a participé aux travaux de plus de 150 commissions ad hoc et 11 commissions permanentes. Il s'est particulièrement illustré dans les questions de législation, la politique agricole et a été l'écoute des revendications de la classe moyenne.

Lors de la session d'hiver 1981, il a été élu à l'unanimité à la tête du Conseil des Etats. Dans son discours d'ouverture, il a enjoint à ses collègues de faire passer la raison avant l'émotion dans leurs débats, afin de déboucher sur des solutions équilibrées.

Jost Dillier était un président de conseil circonspect et posé. Ses collègues ont respecté le président comme ils avaient respecté le député loyal, avenant et plein d'humour et qui s'exprimait avec pondération. Ils ont toujours pris en compte son point de vue de juriste.

Lors de la Landsgemeinde d'avril 1982, à une courte majorité, les électeurs ont décidé de ne pas le reconduire dans ses fonctions de conseiller aux Etats. Sa présidence de la Chambre haute a ainsi pris fin prématurément.

Dans sa lettre d'adieux, Jost Dillier a avoué au vice-président Walter Weber qu'il lui était difficile de devoir quitter le conseil si précipitamment. Mais il disait avec philosophie: "En tant que démocrates, nous savons que le mandat dont nous sommes porteurs peut nous être retiré par toute décision majoritaire."

Ses nombreux engagements et obligations ne l'ont pas empêché de se consacrer à sa famille. Pour se ressourcer, il s'adonnait à la marche, à l'alpinisme et au ski de fond dans sa Suisse centrale bien-aimée. Il jouait aussi du violon et de l'alto au sein de l'orchestre associatif de Sarnen. Après la fin de sa carrière politique, Jost Dillier a encore présidé la Commission fédérale des installations électriques jusqu'en 1991, ainsi que la Commission AI du canton d'Obwald.

Nous garderons de lui le souvenir d'un collègue compétent, intègre et dévoué. Nous adressons à sa famille les condoléances émues de l'Assemblée fédérale et de notre conseil.

Enfin, nous rendons également hommage à l'ancien président du Conseil national Anton Muheim, décédé le 11 mai dernier dans sa centième année.

Anton Muheim a été élu au Conseil national en 1963, récupérant ainsi le siège perdu par son parti quatre ans auparavant. Il est resté membre de la Chambre basse jusqu'en 1983. En 1959, il était devenu le premier conseiller d'Etat lucernois socialiste, fonction qu'il avait occupée jusqu'en 1978.

Né d'une famille modeste, Anton Muheim a étudié le droit et l'économie. Il a exercé la profession d'économiste puis ouvert son étude d'avocat. Au Conseil national, Anton Muheim a participé aux travaux de plus de 120 commissions ad hoc et a été membre de neuf commissions permanentes et, pendant six ans, de la Délégation auprès de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Grand défenseur des causes sociales et syndicales, il s'intéressait en particulier à la prévoyance professionnelle, à l'aménagement du territoire ainsi qu'aux questions internationales et institutionnelles.

A la fin de l'année 1973, Anton Muheim avait été brillamment élu à la présidence du Conseil national. Son successeur, Simon Kohler, a souligné l'autorité naturelle, le calme, l'enthousiasme et l'intelligence avec lesquels il dirigeait les débats.

Lors de son discours inaugural, Anton Muheim a plaidé en faveur du renforcement du Parlement par l'institution de services parlementaires plus efficaces et plus spécialisés. Il a en outre appelé ses collègues à s'inspirer, dans le cadre de leur travail parlementaire, de la citation gravée au fronton qui surplombe l'escalier menant à la salle du Conseil national: "Salus publica suprema lex esto", soit "Le bien commun est la loi suprême".

Lorsque Anton Muheim a quitté le Conseil national, le journaliste Oskar Reck a reconnu en lui un homme politique de premier rang qui a passé quarante années sous les feux des projecteurs en conservant intactes son autorité ou ses compétences.

Anton Muheim a en outre travaillé pour la Fédération suisse du sport travailliste et a pratiqué la gymnastique durant plusieurs dizaines d'années. Dévoué à sa famille, il avait renoncé à se porter candidat au Conseil fédéral en 1973. Après s'être retiré du Conseil national, ce grand amoureux de la nature et de la randonnée a fondé l'Association pour la protection du paysage du lac des Quatre-Cantons, qu'il a dirigée durant dix ans.

Nous garderons d'Anton Muheim le souvenir d'une personne engagée, exemplaire et très appréciée, aussi bien sur le plan humain que sur le plan politique. Nous présentons à sa famille les condoléances émues de l'Assemblée fédérale.

Je prie les membres du conseil ainsi que le public de bien vouloir se lever et d'observer une minute de silence.

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Der Rat erhebt sich zu Ehren der Verstorbenen

L'assistance se lève pour honorer la mémoire des défunts