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Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2016-06-16

Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-06-16

Wortprotokoll

En Suisse, d'après l'enquête Optimus, réalisée en 2012, environ 8 pour cent des garçons et 22 pour cent des filles sont victimes d'au moins un abus sexuel avec contact physique au cours de leur enfance et de leur adolescence. Les mesures prises jusqu'au début de cette décennie, axées surtout sur la sensibilisation des enfants et la prévention de la récidive, n'ont malheureusement pas permis de réduire significativement le nombre de victimes. C'est pourquoi différentes structures en Suisse ont décidé de s'inspirer de projets du type "Kein Täter werden", en Allemagne, que j'ai eu la chance de découvrir lors d'une séance de commission de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Berlin, ou encore "Stop it now!", en Angleterre et aux Etats-Unis, qui ciblent les auteurs potentiels, en amont du premier passage à l'acte. Parmi ces structures, l'association DIS NO, soutenue par la Confédération, a ouvert en 2014 un espace de prévention romand, visant à éviter le premier passage à l'acte d'abus sexuels sur enfants.

Ces initiatives vont dans le sens de la Convention du Conseil de l'Europe sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels, dite Convention de Lanzarote, que la Suisse a signée en 2010. Je citerai l'article 7 de cette convention: "Chaque Partie veille à ce que les personnes qui craignent pouvoir commettre l'une des infractions établies conformément à la présente Convention puissent accéder, le cas échéant, à des programmes ou mesures d'intervention efficaces destinés à évaluer et à prévenir les risques de passage à l'acte." Or, jusqu'ici, on s'est surtout intéressé aux auteurs avérés d'abus sexuels, sous l'angle répressif.

Je me réjouis du soutien de la Confédération à certaines des offres de prévention et appelle de mes voeux, à tout le moins et comme le demande ce postulat, une véritable coordination fédérale des différents projets locaux et une évaluation de ces programmes, pour nous permettre de protéger nos enfants, le mieux restant à cet égard d'éviter de nouvelles victimes.