Berberat Didier · Ständerat · 2016-06-16
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-06-16
Wortprotokoll
Je remercie tout d'abord le Conseil fédéral de sa réponse, qui me satisfait partiellement, comme vient de l'indiquer le président du conseil. A mes yeux, il est réjouissant de lire que le plurilinguisme est une caractéristique essentielle de la Suisse et que le Conseil fédéral s'engage en faveur de sa promotion et de son renforcement. Dans sa réponse, le Conseil fédéral dresse la liste des mesures qui vont dans le sens de mon interpellation, et cela est aussi positif, notamment la référence au message culture 2016-2020. En effet, la réponse mentionne que "le Conseil fédéral a mis une priorité sur la promotion des langues nationales en tant qu'élément central de la cohésion sociale". Espérons que l'inscription dans la loi de la promotion des échanges scolaires, de la promotion de la langue et de la culture italienne dans tout le pays, de la promotion des échanges culturels sera suivie d'effets concrets.
Toutefois, la réponse du Conseil fédéral, même si elle est très satisfaisante sur ce point, ne prend pas, à mes yeux, assez en compte les incitations, notamment financières, qui pourraient être augmentées pour une activité dans une autre partie du pays. A mon avis, il est important que le Conseil fédéral puisse réfléchir aux moyens d'améliorer l'effet incitatif qui existe actuellement. On pourrait aussi mieux communiquer sur ces questions afin de mieux valoriser la pratique des langues nationales, par exemple par la création d'un prix de la cohésion nationale. C'est une simple idée, mais il serait intéressant de décerner ce genre de distinction.
Si la réponse du Conseil fédéral est satisfaisante dans son ensemble, j'ai plus de réserve pour ce qui concerne la partie de la réponse qui se rapporte à l'armée. Je sais bien que Monsieur le conseiller fédéral Berset, malgré ses grandes compétences militaires, n'est pas en charge du DDPS. Cette partie de la réponse me semble un peu frileuse, même si j'admets que quelques mesures existent déjà au niveau militaire. Je regrette notamment que l'on ne profite pas de l'école de recrues pour améliorer les compétences linguistiques des jeunes, qui sont, rappelons-le - excusez-moi de cette image -, pendant quelques mois, des clients captifs auxquels on pourrait inculquer quelques notions sur les autres cultures et langues nationales. Selon moi, quelques heures de cours de langue et de culture par semaine ne poseraient pas un problème insurmontable et ne sauraient affaiblir la capacité combative de notre armée, à laquelle nous tenons tous, bien entendu.
Rappelons que certaines armées étrangères ont compris que la maîtrise des autres langues était importante. Dans le texte de mon interpellation, je cite notamment les armées britannique et américaine.
A une époque où 15 pour cent des Alémaniques et des Romands ne se sont jamais rendus dans une autre partie du pays, il m'apparaît important que le Conseil fédéral, même si je relève qu'il fait déjà des efforts appréciables, pourrait encore faire mieux dans ce domaine.