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Glauser-Zufferey Alice · Nationalrat · 2016-12-06

Glauser-Zufferey Alice · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2016-12-06

Wortprotokoll

Beaucoup de choses ont déjà été dites, mais permettez-moi de les répéter au nom du groupe UDC. Ce projet de modification de loi demande deux choses importantes à notre Parlement, qui changeront très sensiblement la donne pour la recherche, l'agriculture et, en définitive, pour le consommateur. Le Conseil fédéral, en accord avec la science et fort du Programme national de recherche 59, propose une coexistence des cultures d'OGM et de celles sans OGM en Suisse et, pour adoucir la manoeuvre, la prolongation du moratoire jusqu'à fin 2021. La bataille fait rage entre scientifiques conquis et population méfiante. Entre les deux se placent les agriculteurs, dont certains seraient favorables aux technologies permettant d'améliorer leurs performances de production, s'ils - et c'est un énorme si - avaient le soutien des consommateurs, auxquels ils doivent ensuite vendre leurs produits.

Le groupe UDC se place, lui aussi, entre les deux. Représentant des agriculteurs et des consommateurs, conscient des enjeux, il soutient une modification de loi dans le sens d'une interdiction des OGM avec un article 37a, qui ne permettra aucune délivrance d'autorisation de mise en circulation des OGM.

Dans notre monde globalisé, il n'existe que peu de pays où il est possible de s'approvisionner en produits sans OGM et dont la vérification des affirmations est surveillée régulièrement. La Suisse est un de ces rares pays, peut-être même le seul, dont l'agriculture ne produit pas d'OGM. Elle table sur une stratégie de qualité, et c'est devenu une force dans notre production. Nous pouvons dire à nos consommateurs que la production suisse est à 99,6 pour cent exempte d'OGM. Les variétés d'OGM actuelles conviennent à une agriculture intensive sur de grandes surfaces. Il n'existe, pour l'heure, pas de variétés adaptées à l'agriculture suisse et à ses petites structures.

Nos labels interdisent leur utilisation. Et preuve de notre bon sens, de plus en plus de pays voisins attachent une importance accrue à l'absence d'OGM et développent, eux aussi, des labels sans OGM.

Nous serions bien fous d'aller contre la tendance, et nous ne pouvons d'ailleurs pas nous le permettre. Ainsi, il est optimal pour le positionnement de nos produits sur les marchés que notre Parlement refuse la coexistence et décide une restriction de mise en circulation des OGM.

Le Conseil fédéral, fort du PNR 59 et de ses conclusions plutôt optimistes, et avec la science désireuse d'avancer dans ses programmes, propose une expérience nouvelle et dangereuse à nos yeux: la coexistence. Le Conseil fédéral insiste sur la biosécurité, l'évolution des technologies, l'utilité des OGM pour la lutte contre la faim dans le monde. Oui, tout cela est important, mais cela ne peut se concrétiser en Suisse, un trop petit pays pour influencer la quantité de nourriture dans le monde. La preuve: nous importons la moitié des aliments que nous consommons. La science s'impatiente et menace de déménager à l'étranger. Jusqu'à présent, rien ne l'empêche de continuer ses recherches en laboratoire et, à certaines conditions, en milieu confiné. Nous avons confiance en elle, mais nous ne voulons tout simplement pas couper la branche sur laquelle nous sommes, non pas assis mais debout, attentifs et responsables de l'avenir de nos enfants.

Par ailleurs, la recherche évolue, et les nouvelles techniques de sélection végétale connaissent des développements rapides. Merci à la science!

A ce sujet, on peut dire que la législation actuelle ne cerne les développements que de façon lacunaire. Il faudra une nouvelle révision, intégrale et pertinente, que la présente modification de la loi sur le génie génétique ne peut résoudre.

Qu'apportent les OGM aux consommateurs? A part une certaine garantie de quantité, d'où des prix bas, ils suscitent une méfiance incontestable.

De plus, ils n'apportent pas d'amélioration nutritionnelle, pas de diminution de produits phytosanitaires, mais bien une diminution de la biodiversité dans les pays concernés. Les consommateurs suisses font si bien pression sur les gouvernements cantonaux que sept cantons, deux régions et 84 communes se sont déclarés sans OGM. Une chose est sûre: il faut que le consommateur puisse choisir. L'agriculture suisse est la seule qui peut lui donner cette possibilité de choix en ne produisant pas d'OGM. Elle pourra se targuer d'une production exceptionnelle et originale avec une valeur ajoutée qui ne se fondra pas dans la masse énorme des produits mondialisés.

Il a été décidé de scinder la discussion sur les articles en deux blocs. Je vous donnerai la position du groupe sur la coexistence et le moratoire lors de la prise de parole concernant chaque sujet.

Le groupe UDC entrera en matière sur la modification de la loi sur le génie génétique et je vous prie d'en faire de même. [PAGE 2043]