Français Olivier · Ständerat · 2016-12-08
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2016-12-08
Wortprotokoll
Permettez-moi d'exprimer la voix du doute. En commission, quatre parlementaires se sont abstenus lors du vote sur cet objet. Je suis l'un de ces quatre parlementaires qui a des doutes.
Le constat est clair, il a été exprimé: en matière d'information instantanée, notre société en demande encore et toujours plus; l'économie est aussi demandeuse et le citoyen moyen également. Il y a un problème technique pour savoir comment transférer ces données de manière efficace et performante. C'est un problème fondamental. C'est manifestement un problème de société. Il est de la responsabilité du politique de donner une réponse.
Il y a un deuxième doute. Un excellent rapport parle de ce problème technique et des aspects touchant à la santé - "Réseaux de téléphonie mobile adaptés aux exigences futures", rapport du Conseil fédéral en réponse aux postulats Noser 12.3580 et 14.3149 du groupe libéral-radical. Je remercie le Conseil fédéral pour ce rapport. Je me suis arrêté au chiffre 2.1.5 de ce rapport, qui s'intitule "Répercussions du rayonnement des téléphones mobiles sur la santé". Cela fait plus de trente ans que je possède un téléphone mobile; selon le rapport, mon oreille a déjà dû bien chauffer, et c'est à vous d'évaluer si mon comportement a ou non évolué, en tout cas depuis cette dernière année, à vous de juger et à vous de me le dire pour que je sache si je dois aller faire un test. Je reviens sur ce rapport dans lequel il est exprimé que "le réchauffement des tissus de l'organisme est le seul effet nocif sur l'être humain dû au rayonnement de la téléphonie mobile, prouvé scientifiquement". Il est donc prouvé scientifiquement qu'il y a un petit problème. On y dit encore d'autres choses, notamment qu'il y a un effet sur les flux cérébraux qui a été établi d'après des critères scientifiques. Honnêtement, il y a un doute.
Bien sûr, on peut augmenter un peu la puissance des antennes, parce que l'OMS nous dit que c'est encore "jouable". Cela me rappelle un peu le débat sur l'amiante; je pense que c'était le même type de débat dans cette chambre lorsqu'on a parlé des risques des nouveaux matériaux. Ici, on parle des risques des nouvelles technologies et il y a une contradiction entre ce qui est demandé et ce qui doit être fait. En français on dit: "Dans le doute, abstiens-toi!" C'est pour cela que je me suis personnellement abstenu lors du vote en commission.
Pendant seize ans à l'exécutif, j'ai délivré des permis de construire à Lausanne. Je ne vous cache pas que lorsqu'il s'agissait d'antennes, c'était compliqué. Une des solutions n'est pas d'augmenter la puissance des antennes, mais d'en augmenter le nombre. Ce qui est drôle, c'est que les mêmes personnes qui s'opposent aux antennes sont celles qui ont bien sûr un téléphone mobile. On doit alors essayer de trouver une solution. Les atteintes au paysage doivent aussi être prises en considération. Je suis allé jusqu'au Tribunal fédéral pour avoir une fois un jugement sur la notion qualitative de l'objet qui est mis dans un patrimoine extraordinaire qui est celui de ma ville. J'ai perdu, c'est alors que j'ai compris que cela devenait de plus en plus compliqué. On a essayé d'installer des antennes sur le toit des écoles, puisque les effets sous l'antenne seraient apparemment moins importants qu'à côté de celle-ci. Cela a provoqué une grande émotion chez les papas et les mamans, les grand-mères et tout ce qui va avec. Ensuite, on a proposé les églises, dans les clochers, ce qui apportait quelques revenus aux églises; là vous êtes convoqués par le conseil de paroisse pour trouver la bonne solution. En tant qu'élus, vous devez apporter la bonne parole et trouver la bonne solution pour résoudre le tout. Quelle était ma solution? Il y a l'office fédéral compétent.
J'ai envie de dire aujourd'hui, comme l'a très bien dit Madame Savary, que cet objet nous dépasse un peu. Ce qui est sûr, c'est que l'autorité supérieure doit nous accompagner dans nos démarches. Je ne suis pas sûr que la motion, qui est un acte contraignant, soit la meilleure des mesures aujourd'hui. Oui, Monsieur Cramer, peut-être que je dirai non à cette motion. Je suis toujours dans le doute. Si j'exprime un doute, Monsieur Cramer, c'est parce que d'un côté il y a une demande et que de l'autre il y a des effets de ces antennes qui me préoccupent.
A la fin de mon raisonnement, et en particulier de la lecture de ce rapport, je doute que la meilleure solution soit l'augmentation de la puissance des antennes. Je reconnais [PAGE 1079] aussi qu'il est difficile pour les entreprises d'installer les antennes, mais je m'en remets à la sagesse du Conseil fédéral pour trouver la meilleure des solutions, comme l'a dit Madame Savary.[GZ]
Dès lors, je soutiendrai la proposition de la minorité.