Lexipedia

Burkhalter Didier · Bundesrat · 2017-03-08

Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2017-03-08

Wortprotokoll

Il y a deux questions: la question de fond sur la peine de mort et la question de l'organisation du département. La question des droits humains fait l'objet d'une mobilisation générale du département. Ce n'est pas avec un poste d'ambassadeur spécial que l'on pratique forcément la meilleure politique en matière de droits humains. Après une phase avec une telle structure, nous avons décidé de donner un mandat général, ce qui aurait dû être fait depuis longtemps. Nous avons décidé de montrer clairement que les droits humains étaient au coeur de nos préoccupations et que nous nous battrons pour eux, y compris dans les domaines qui vont à contre-courant de ce principe. Nous avons décidé de le montrer en commençant par la tête du département et l'engagement qui est le mien.

Ceci m'amène au second point: la peine de mort. Il y a quelques années, nous avons lancé une stratégie avec un objectif très ambitieux, qui était un peu provocateur: l'abolition de la peine de mort d'ici 2025. Depuis, il y a du positif et du négatif, comme c'est le cas souvent et dans tous les domaines. Toutefois, il y a des tendances qui se sont renforcées, en particulier dans les pays qui font face à de graves problèmes de criminalité, notamment liée à la drogue, en faveur d'un retour de la peine de mort. Cela ne change rien à la stratégie, mais simplement au constat que l'objectif est de plus en plus irréaliste, et, sur ce point, nous sommes d'accord. Par contre, sur le fait de continuer à travailler comme la Suisse le veut, cela ne change rien.

Que voulons-nous? Il faut entrer en dialogue avec les pays qui sont dans cette situation. Il ne faut pas moraliser, constamment montrer du doigt et dire: "Vous avez tort" ou "Vous avez raison". L'idée est véritablement d'entrer en dialogue. Par exemple, avec des pays comme l'Indonésie, on essaye. Alors, pourquoi pas avec les Philippines? J'en ai discuté il y a quelques jours avec le ministre des affaires étrangères. Ce sera difficile, mais nous sommes prêts à ouvrir un dialogue sur la politique de la drogue, qui est le point essentiel qui explique le revirement actuel du pays sur différents aspects liés à la peine de mort.

Il y a différents niveaux. On peut accomplir de petits progrès, notamment en réduisant le nombre de crimes qui conduisent à la peine de mort, ou au moins en ayant une attitude différenciée en fonction de l'âge et lorsqu'il s'agit de personnes mineures. Tous ces éléments restent tout à fait valables dans la stratégie. Ils sont déployés sur le terrain et font l'objet d'une mobilisation générale du département.