Savary Géraldine · Ständerat · 2017-03-13
Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-03-13
Wortprotokoll
Mon intervention sera très brève. Monsieur Minder, ici comme en commission d'ailleurs, a exprimé l'opinion selon laquelle la police du Kosovo suffisait à maintenir la sécurité dans ce pays. J'aurais pu imaginer les choses de la même manière que vous, Monsieur Minder, mais nous nous rendons compte, c'est pour le moins mon cas, que la situation dans ce pays est en réalité bien pire que ce qu'on pouvait imaginer. On ne constate pas de progrès actuellement, mais plutôt une stabilisation, voire une détérioration de la situation.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Aujourd'hui, on remarque une "repolitisation" du Kosovo, y compris par des pays étrangers. Ainsi, je rappelle que la Macédoine se trouve dans une situation d'embrasement potentiel. Je rappelle également que des pays comme la Turquie ou l'Arabie saoudite investissent au Kosovo dans la construction de mosquées ou de minarets; or, ces mosquées ou ces minarets sont considérés par la population du Nord du Kosovo comme de véritables signes d'hostilité. Dans le Nord du Kosovo, la réponse à ces nouveaux monuments religieux est la construction d'un mur. Bref, la situation n'est pas en voie de stabilisation, mais plutôt en voie de fragilisation progressive.
Vous êtes, Monsieur Minder, attaché au respect de la Constitution fédérale - c'est votre qualité -, puisque vous avez même été à l'origine d'une initiative populaire qui a débouché sur une modification de la Constitution. Or, la Constitution accorde à l'armée la mission d'assurer la promotion de la paix à l'étranger. Au Kosovo, la Swisscoy assure une des seules missions de ce type.
Enfin, j'aimerais aussi vous dire que les pays voisins qui se sont investis au Kosovo, comme l'Allemagne, par exemple, se désengagent progressivement, non pas parce qu'ils considèrent que la situation au Kosovo est bonne, mais plutôt parce que d'autres missions, par exemple au Mali, leur prennent beaucoup de temps, d'argent et de personnel. Notre responsabilité est donc encore plus forte, notre compétence plus importante et la nécessité de cette mission plus évidente aujourd'hui qu'auparavant.
Pour terminer, je pense, comme cela a été dit, que la formation que ces jeunes suivent à Stans est vraiment passionnante, que les six mois qu'ils passent au Kosovo représentent une expérience très formatrice. Nous avons ensuite des personnes qui ont acquis un certain nombre de compétences. Ces engagements au Kosovo nous apportent donc un retour sur investissement.